Générale

Longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu...

Chaque fois qu’une légende meurt, il reste la légende et l’anecdotique. Par pur hasard, je mangeais avec une de ses anciennes amoureuses cette semaine. Elle m’a dit qu’il était mort paisiblement. Il lui avait écrit une chanson, « La légende du cheval blanc« . Luc et Lou l’ont chantée à notre mariage l’été dernier, du haut du jubé, dans la petite chapelle. Et elle était là, toute souriante, sachant que c’était « sa » chanson même si elle nous était prêtée. Un souvenir inoubliable pour elle et pour nous.

Je me demande toujours si les mots nous survivent davantage que les émotions. J’imagine que pour un grand romantique, compositeur de surcroît, il y a un peu des deux. Et c’est le privilège des artistes de pouvoir offrir un supplément d’âme à leurs cadeaux d’amoureux.

Languirand me racontait hier qu’il avait déjà hébergé Claude Léveillé chez lui. Heureusement, il avait un piano. Et j’écoutais Monique Leyrac raconter à la radio hier que chez elle, il n’y avait que ça aussi, le piano, lorsque Léveillé venait y composer ses chansons.

Je me demande toujours si les notes nous survivent ou si nous sommes voués à l’oubli. Hier soir, dans l’auto, j’ai chanté deux chansons de Mouloudji à mon mari moins neuf qui ne le connaissait pas. « La complainte des infidèles » et « Un jour tu verras » y sont passées. Mon B. écoutait, reconnaissant l’une de ses berceuses. Chaque fois qu’il me demande une chanson qu’il ne connaît pas, je ressors Mouloudji des boules à mites.

Apprendre une chanson, puis la chanter, c’est lui assurer une pérennité et rendre hommage au poète qui a disparu.