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Générale

Maîtresse littéraire

Par joblo
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Maîtresse littéraire

Je ne serai jamais l'officielle, celle qu'on marie, celle qu'on présente à ses parents comme une promesse d'avenir (regarde comme elle a un beau bassin... génétique) celle qu'on balade en trophée, celle qu'on traîne sur les tapis rouges de galas, celle à qui l'on offre les diamants, qu'on couche sur son testament à défaut de la coucher ailleurs. Je suis la maîtresse, celle qu'on cache. Je l'ai compris en le lisant. Et ça m'a d'autant touchée que celui-ci m'a saisie sans vouloir me toucher. Il sait trop bien qu'on ne touche pas à un fantasme, au risque de le voir se désagréger sous ses doigts.

Depuis que je l'ai lu, je me demande si je ne suis pas l'Anne-Marie Losique des intellos, les retouches en moins. Ils me lisent sous le manteau, en cachette, comme une faiblesse inavouable. Fautifs de lire Le Devoir, encore plus de commencer par Joblo. Fautifs de se balader avec un livre de Beauvoir wannabe sans JP, sans les théories.


Maîtresse littéraire   Simone de Beauvoir à Chicago,1952, Art Shay
Simone de Beauvoir à Chicago,1952, Art Shay

Y'a que les Ritals qui vont aux danseuses avec Éric Lapointe qui me font la cour ouvertement et assument leur penchant pour la lingerie noire. Sinon, c'est que dalle. Je suis leur petit secret honteux et masturbatoire de l'hémisphère droit, je suis leur faute, leur point faible, leur dernière cigarette avant d'arrêter, leur shooter de la fermeture, allez, après ça, on rentre...

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Un jour, je me dis qu'il y en aura un -un seul, parce que plus je peux pas- un qui saura que la porcelaine est fragile, que la peau est un océan, que les dessous sont dessus et le reste bien en-dessous. Un qui aura le courage d'un taekwondoïste ceinture noire, le cran d'oser descendre les statues de leur piedestal, sans ménager ses arrières ou ses devants, un qui se garrochera à l'eau sans même se demander s'il sait nager, sans me prendre pour sa bouée, sans me faire couler.

Un jour il m'écrira l'amour, le serment, l'honneur, le privilège, la foi, l'élan, la certitude, le courage, les pas de géant, la porcelaine. "Et au bout de la route, notre petite parcelle de terre, notre coin à nous, dépouillé et nu, et ce sentiment d'avoir donné à ce monde un soupçon d'humanité." Voilà ce qu'il m'écrira.

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