Générale

Médée

Grosse semaine. Je n’arrive pas à écrire. Alors j’écris. Le nom du docteur qui a tué ses enfants est sorti. On dirait que ce n’est plus de la fiction lorsqu’on peut associer des noms. Toute la matinée, j’ai porté cette histoire comme une affaire personnelle. Un médecin, une dépression, un suicide (raté), il n’en fallait pas plus pour me ramener six ans en arrière.

Je pense à la mère des enfants de 3 et 5 ans, je songe à Médée. Une tragédie grecque revue par la modernité. C’est le père qui tue ses enfants. Certains parlent de vengeance, d’autres d’envie de soustraire la progéniture à ce monde infernal. Jason s’est enlevé la vie après le double meurtre de Médée. J’ai peur pour cette femme, cette urgentologue que je ne connais pas. J’ai peur pour tous les enfants qui fréquentaient l’école de son fils, j’ai peur, j’ai peur pour tous nos enfants.

J’ai peur pour mon fils. J’ai écrit à son papa tout à l’heure pour lui demander de le tenir loin de cette histoire, d’essayer tant qu’il peut d’épargner ses jeunes oreilles.

J’ai peur pour tous les parents séparés, en guerre les uns contre les autres. J’ai peur que les mères angoissent à l’idée que des pères passent à l’acte. J’ai peur que les pères angoissent à l’idée que des mères passent à l’acte. Le Devoir en a fait sa une ce matin. Pourquoi? Parce que ce n’est pas l’oeuvre d’un deux de pique qui collectionnait les bouteilles de bière et les billets de loterie; c’est le geste d’un « gagnant » de notre société, au fait des ressources disponibles et capable d’identifier les problèmes quand il y en a un. Formé pour les solutionner. Formé pour sauver les vies, pas les supprimer. On parle dans cet article de 2009 comme étant l’année des suicides-homicides familiaux. Joyeux programme. Manque juste le pop-corn.

Bon, je vais aller me shooter au Rescue… ce monde me tue. Mais pas au point de me taire.