Générale

Pi...?!

« Il ne faut pas espérer trouver un sens à notre vie; il faut plutôt, je crois, donner un sens à ce qu’elle nous propose et à ce que nous en faisons. Il faut donner un sens et accorder de l’importance à notre histoire, à toutes nos histoires, et cesser de s’en raconter »

Christian Bégin, comédien et auteur de Pi…?!

Hier soir, j’ai assisté au dernier spectacle des Éternels Pigistes, leur première pièce « longue » plutôt que les sketches auxquels ils nous ont habitués. J’ai aimé tous leurs spectacles, moi qui ne suis pas très « théâtre ». Il y a des moments très forts dans Pi…?! On flirte avec l’inconscient, le mal de vivre face à la mort, Éros et Thanatos, la pulsion du vivant versus la répulsion du mourant.

J’ai félicité Christian que j’ai croisé au resto Le Pistou après la pièce. J’aurais dû le remercier de nous amener dans des zones aussi inconfortables. Il nous invite, dans le programme, « à visiter la mort, la vraie et toutes celles qui ponctuent nos vies ». En tout cas, en voilà un qui n’a pas froid aux yeux et qui nomme. J’aime ceux qui nomment, surtout les évidences. Les enfants font ça très bien. C’est plus rare chez les grands.

Pi…?! n’est pas une pièce dont on ressort indemne. Les personnages affichent leur désarroi, se révèlent avec toutes leurs failles sous la carapace sociale, sauf pour Patrice Coquereau qui joue le meurtri de service et sert de révélateur aux autres. Les comédiens des Éternels sont tous des artistes accomplis, tant Marie Charlebois à la mise en scène (et son monologue vous tire les larmes, ouf!), Isabelle Vincent qui nous livre une superbe Anglo légère et profonde à la fois, Pier Paquette en intello-dandy et Bégin qui s’est écrit un rôle sur mesure. Un questionnement de quarantenaire, une dérive nécessaire pour qui consent à se dépasser avant de crever. Un sujet qu’on n’aborde jamais sous son angle philosophique mais trop souvent sous l’angle catastrophiste.

Et Pi….?! Pi rien, justement. À La Licorne jusqu’au 21 juin…