Générale

Pourquoi faire court?

Quand on peut faire long? J’aime bien le livre-magazine XXI.

J’y lisais un article ce matin (no 4), sur les « Maladies à vendre ». Et pour ceux qui en ont soupé de l’info pré-digérée, XXI présente des reportages-fleuves doublés de photos et d’illustrations de qualité. On le trouve dans les librairies. Pour moi, XXI est la preuve que des gens sont prêts à payer pour une info de qualité, bien écrite, bien fouillée et bien habillée.

Les origines de XXI

L’art du reportage a fait ses preuves. Les Etats-Unis sont familiers depuis longtemps du reportage d’actualité de 10 à 30 pages, qu’ils appellent « narrative writing ». Ce format long est la marque de fabrique des fleurons de la presse américaine comme The New York Times Magazine, The New Yorker, Atlantic Monthly ou Vanity Fair.

La puissance du genre est universelle. Il a donné Albert Londres, Joseph Kessel, Jean Lacouture ou Jean-Claude Guillebaud. Le succès d’Actuel durant les années 80 a également été fondé sur le grand reportage.

Dans les années 90, la revue anglaise Granta, vendue en librairie, a envoyé à l’étranger une génération de journalistes et d’écrivains devenus célèbres depuis (Rushdie, Kureishi, Naipaul, etc.), avec un grand succès critique et commercial.

Mon Devoir d’hier m’apprenait que le contenu des journaux, notamment de La Presse et du JdeM, dépend de plus en plus des agences de presse. « La diversité de l’information diminue dans les grands journaux du Québec. Depuis le début de l’année, la place accordée aux agences de presse a augmenté de 32 % au Journal de Montréal et de 43 % à La Presse, selon des données révélées hier par Influence communication, une firme de courtage en information. »

Le spécialiste interviewé par mon collègue Stéphane Baillargeon terminait en disant ceci:

«L’uniformisation ne me semble pas la solution pour sortir du marasme, conclut le président Dumas. Il faut plutôt chercher à se distinguer et à différencier l’offre sur le Web et l’offre sur papier. L’information gratuite sur le Web peut être la même partout. Mais le papier, pour se vendre, doit offrir plus: du contenu, de l’analyse, de la profondeur.»

Abonnez-vous qu’ils disaient!