Générale

Quartier patrimonial

C’est rare que je vous donne un devoir mais vous allez acheter le Journal de Montréal. Vous passez par-dessus toutes les pages sur les Lavigueur (pu capable cette saga!) jusqu’à la page 21, lire Geneviève Lefebvre sur le Plateau Mont-Royal, son quartier.

J’y ai habité onze ans, sur le Plateau. En plein coeur: Berri et Duluth et puis ensuite Drolet et Duluth. J’en connais chaque recoin, les odeurs, les figures marquantes, sa faune si particulière, l’ancienne épicerie Roger Toupin de la rue Berri qui a fait l’objet d’un excellent documentaire, la gentrification aussi, qui l’a tuée.

Le Plateau, j’y suis arrivée, jeune étudiante, alors que les Portugais sortaient leurs canaris en cage sur le balcon l’été et rentraient des caisses de raisin par le soupirail de la cave pour fabriquer du vin à l’automne. Mon loyer? 160$ pour un coquet quatre et demi pas retapé, chauffé au gaz, baignoire sur pattes et vue sur la croix du Mont-Royal. Avec en prime, le comédien Roger Léger comme voisin de pallier. On se marrait bien.

On ne se battait pas pour les bacs à recyclage, les vignettes n’existaient pas, Le Château à l’angle de Rachel non plus et les SDF n’avaient pas de SAQ où acheter leur pinard, alors pensez si on ne les croisait pas souvent. J’ai adoré ce quartier mythique -où je ne vis plus pour toutes sortes de raisons- mais que je garde tout près de mon coeur et dont je ne médis jamais parce qu’il fait partie de notre patrimoine culturel et émotionnel. Vous lirez Geneviève sur le Plateau bashing qui se pratique couramment, « ce sport d’une facilité déconcertante où il suffit d’insérer dans la même phrase « clique, snob et Guy A. » pour gagner la médaille d’or d’un derby de démolition qui nous rend tous un peu plus pauvres. »