Générale

Suivre le troupeau

Chez nous, c’est Bibi qui a le sens de l’orientation et sait entretenir un feu de foyer (juste assez d’air pour attiser la flamme, pas trop d’espace pour la perdre, ça ressemble drôlement à l’amour et l’ex-courriériste du coeur sait encore y faire).

Par contre, mon mari moins neuf qu’avant m’est indispensable en bien d’autres matières, dont la technologie. Je lui ai piqué une iCrise cette semaine devant la bêtise d’un site qui refuse d’obtempérer pour prendre un rendez-vous avec un conseiller Mac, lequel moyen s’avère le SEUL pour qu’un nerd qui a l’âge d’être mon fils explique à matante comment respirer par le nez devant les sautes d’humeur de la bête.

Parfois, je préfère les humains, parfois non. Mais en tout temps, je préfère la nature. Le mode d’emploi est plus simple, il fait appel à l’instinct.

Pour en revenir au sens de l’orientation, je me disais bêtement qu’un GPS règlerait notre problème faute d’instinct pour retrouver le Nord. En ville, la plupart du temps, c’est moi qui conduis pour éviter de jouer les GPS d’une voix beaucoup moins douce que ledit bidule.

Mais mon mari moins neuf résiste drôlement:

« Seth Godin a bien saisi mon questionnement critique vis-à-vis le GPS (remplacer « GPS » par « Facebook », « troupeau » ou « dogme », c’est invariable).  Au-delà de l’instrument, il y a le sens profond. Comme disait Cocteau: « Une trop grande liberté, un fais ce que tu veux commode, met la jeunesse dans l’impossibilité de désobéir, alors que rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles ». »

En fait, mon mari moins neuf n’est même plus mon ami Facebook depuis la fin de l’année dernière alors que nous nous sommes connus par l’entremise de FB.  Du suicide numérique pur et simple. Mais je serais mal placée pour ne pas sourire devant cette inoffensive rébellion.

Nous nous passerons donc de GPS, nous nous perdrons allègrement et tandis que j’égrènerai un chapelet de sacres, il sourira. Au fond, nous avons choisi de voyager ensemble, peu importe la destination.