Générale

Thérapie de groupe

Je m’en allais danser, donc. Je sais, exceptionnellement un mardi. Je ne suis pas encore trop matante, je suis capable de changer mes habitudes. J’ai ouvert la porte du bar, pas un son, l’obscurité, une note sur la porte expliquant que cette soirée « privée » se terminerait à 23h (avec un ti-lait chaud avant d’aller se coucher). Et là, à peine entrée, je les ai VUS. Tous assis en rond comme dans une thérapie de groupe. J’ai entendu « For me… dancing… ». J’ai figé. Puis, comme tout le monde avait les yeux braqués dans ma direction, j’ai activé le système de défense numéro uno. Contre-attaque: « Oh my god! It’s a therapy! No way! I’m gone, baby, gone! I gave twenty years, I’m over it! » Ils n’ont même pas eu le temps de me retenir par ma cape à pompons, je volais par-dessus les toits comme Mary Poppins. J’ai repris la bagnole, suis retournée me terrer chez moi avec la ferme intention de regarder Sophie Paquin tout en sirotant la grappa du désespoir. Fuck that noise! Vont pas me thérapeutiser la danse en plus du reste? « Je m’appelle Josée et je danse depuis 15 ans… »

Y’a plus moyen d’éplucher un oignon sans pleurer sur son sort et son petit nombril. Ras-le-nombril, justement! I don’t wanna yack, I wanna forget! J’étais pas loin du point d’ébullition pour tout vous dire, sacrant et pestant, versant même une petite larme (juste pour le kodak) en chantant du Elvis dans mon char. Non mais! Pu capable de tout analyser. Déjà que pour le sexe faut en parler avant… et parfois même après!

J’ai raté Sophie Paquin. Mon chum Vincent m’a appelée chez moi pour me supplier de revenir danser avec lui. J’ai cédé. C’est le meilleur « dipeux » en ville, je peux pas résister à ça. Il s’en est trouvé quelques-uns pour venir me dire que les débutants ont besoin de « parler » avant. J’ai commencé à danser pour (pourquoi déjà?) et je n’en parle ni avant, ni PENDANT (les pires, ceux qui veulent engager la conversation en dansant), et après, ça se limite à « merci, c’était bon ». Je donne pas de notes, mon sourire est éloquent, je veux pas savoir pourquoi. Je sais avec qui je veux pas, avec qui je veux et ils le savent aussi. Le body langage, c’est quand même fort.