Générale

Wordsmith

Je viens de découvrir un texte de Pierre Perrault dans le livret de La trilogie de l’Île-aux-Coudres. Façon de décortiquer son travail, je trouve. Et façon de décrire l’écriture, l’artisan et l’écrivain.

« Depuis belle enfance, je soupçonne les mots de craindre les voyelles, le forgeron de redouter l’enclume du petit matin, les romanciers de tout faire pour éviter la fin de la messe, l’archéologue d’effacer toutes traces de son passage, les sémiologues, effarés par le coin des rues, de privilégier les images et de repousser le quotidien dans les poubelles de l’histoire, car il est confortable et rassurant de vivre dans une forêt de symboles bien rangés sur les rayons de sa bibliothèque où cultiver la poussière du temps qui passe, bien à l’abri des intempéries. »

« Mais on ne peut pas non plus toujours abandonner les fontaines à la virginité. Il faut bien, un jour, que quelque chose arrive qui précède l’écriture et l’alimente. Il faut parfois que la chose devance le mot. Que la réalité précède le mensonge. On ne peut pas passer sa vie à combattre, dans des légendes, les tigres en papier et les ombres chinoises. Et je cherchais désespérément à prendre pied dans ma propre vie, à sortir enfin du sentier battu de la culture. »