Chroniques

Le mot d'Alex

Et si l’on abordait la rentrée simplement comme le début de n’importe quelle nouvelle semaine?

Photo : Maude Chauvin

Crédit photo : Maude Chauvin

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie complètement enivrée par la rentrée. Comme si j’avais profité à plein d’un été inoubliable avec ses chansons vers d’oreilles, la tonne d’amis à la maison, la crème solaire qui embaume la noix de coco, les montagnes de pastèques et l’ennui, oui l’ennui à ne plus savoir quoi faire de ces longues journées ensoleillées. Comme si mon corps et ma tête avaient naturellement besoin de tonus aux dernières heures d’août. Besoin de la senteur des cahiers neufs, des nouveaux amis, des retrouvailles avec les anciens, dans la dernière rangée de la classe autant que possible, des petits matins plus frais dans nos salopettes brunes flambant neuves (c’était l’époque).

En devenant mère, j’ai eu l’impression que le ton de la rentrée avait changé sans qu’on me prévienne. Désormais, le discours ambiant voudrait que l’organisation et la perfection règnent dès le jour número uno de la rentrée des classes. L’anticipation de la rentrée de mon enfance a d’un coup pris les couleurs sombres du stress et de la to-do list sans fin.

Je ne me résous pas à retrancher des minutes de bonheur estival tous les soirs, deux semaines avant la rentrée, sous prétexte qu’il faut réhabituer les cocos à se coucher tôt. Alors qu’ils sont tellement fatigués le premier jour des classes qu’ils tombent d’eux-mêmes à 19 h30! Pourquoi devrait-on habituer nos enfants aux livres d’école quand c’est pendant tout l’été qu’ils avaient le temps de lire, avec ou sans nous? Pourquoi faire les courses, le lavage, l’achat des vêtements pour une date butoir prétendument unique quand je peux y arriver piano, piano, comme disent les Italiens? Et si l’on abordait la rentrée simplement comme le début de n’importe quelle nouvelle semaine?

Istockphoto

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