Prochain arrêt je débarque

Carré blanc sur fond rouge

Dans un coeur de mère, il peut y avoir un coeur rouge et un carré blanc.

Elle m’écrit pour la fête des Mères, un message de mère qui saigne, un message de chair et de sang, mais un cri du coeur pour que cesse la violence.

« Je vous écris, car cette manifestation m’a rendu triste et amère.  J’ai vu mon fils, son amoureuse et ses amis s’emballer contre la hausse avec toute la fougue de la jeunesse, tout l’enthousiasme, toute la détermination du monde. Je les ai vu se lever jour après jour aux petites heures pour aller poser des affiches, pour s’asseoir devant des camions, pour marcher de jour comme de nuit, pour se rassembler, voter, discuter et trouver de nouveaux moyens de se faire entendre.  J’ai lu les bandes dessinées que Nicolas a créées avec les copains bédéistes afin de faire comprendre la lutte contre la hausse en 8 arguments et je sais qu’il souhaite avoir fait tout cela afin d’avoir obtenu quelque chose comme du respect et l’espace dignité:  la tête haute et les idées claires!

Aujourd’hui, il marche en posant un pied devant l’autre avec hésitation, il marche sans certitude et avec une peur réelle de ne plus jamais être le même, car Nicolas a reçu une roche derrière la tête, celle d’un casseur? Celle d’un militant peut-être qui tout comme lui en a assez qu’on se paie sa gueule, mais Nicolas a des vertiges aujourd’hui, des acouphènes et une perte auditive sévère avec laquelle il devra probablement vivre toute sa vie à moins que les prières des Carmélites et des Clarisses ne fassent miracle pour lui!

Pour l’instant, je pleure par vagues, je me redresse souvent pour ne pas lui montrer ma propre peur, mais j’ai surtout peur qu’on n’ait cassé quelque chose au cœur de mon fils… « 

Ce matin, c’est à Nicolas que j’ai pensé en entendant parler du Cégep Rosemont et des étudiants chargés par les policiers. Et à la caricature de Garnotte dans Le Devoir.

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