Prochain arrêt je débarque

Dieu est un bémol

Le prof de musique refuse de faire jouer la chanson de Piaf jusqu'à la fin. "Dieu réunit ceux qui s'aiment" mais divise les abrutis.

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Dieu réunit ceux qui s’aiment mais divise les abrutis. Si la ministre St-Pierre n’en croit pas ses oreilles, moi, je me dis que les limites de la bêtise n’ont pas fini de nous étonner.

Donc, un prof de musique refuse de faire jouer la chanson d’Édith Piaf jusqu’à la fin parce que la dernière strophe de « L’hymne à l’amour » se lit comme suit: « Dieu réunit ceux qui s’aiment« .

Le plus inquiétant chez ce prof (endossé par toute une commission scolaire), c’est lorsqu’il dit qu’il n’est pas mandaté pour parler religion dans son cours de musique. Et pour parler d’amour, il l’est? Et pour parler de la poésie aussi? Nous sommes loin, très loin, d’un inspirant Robin Williams dans « Dead poets society« .

Catherine Perrin disait ce matin que le mot « Dieu » est devenu le nouveau Voldemort, celui dont il ne faut pas dire le nom. Mon Dieu, quelle tristesse.

Je discutais justement avec le père Lacroix cette semaine, de tout et de rien, comme à notre habitude. Jamais cet homme ne prononce le mot Dieu devant moi. Et pourtant, il pèse dans chacune de ses paroles. Il pèse dans son affection, dans sa lenteur, dans ses silences, dans sa façon de me dire qu’il regarde toujours dehors en se réveillant le matin. Dans sa foi contagieuse, tout simplement. Comme l’amour.

Au moment où j’écris ces lignes, le ciel est divisé en deux au travers de ma fenêtre: d’un côté il est gris, de l’autre, tout bleu avec de gros nuages suspendus. Et j’y vois Dieu partout, même si je ne suis pas croyante. Je ne choisis pas, je prends tout.  « Les nuages sont de merveilleux infirmiers« , ai-je lu dans le dernier Bobin qui prononce généreusement le mot « Dieu » partout.

« Dieu n’est peut-être qu’affaire de sensibilité, la plus fine de nos racines nerveuses, un fil d’or d’un millième de millimètre. Chez certains il est coupé, chez d’autres il vibre à tout.« , peut-on encore lire dans ce petit livre que j’ai beaucoup barbouillé.

 « Dieu est un assassin blanc comme neige« , écrit aussi Bobin dans « Un assassin blanc comme neige ». Comme il a raison. On peut assassiner la beauté en la taisant.

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