Prochain arrêt je débarque

Vendredi noir

Entre la mort qui hante la saison, la mort de la planète et la mort de notre langue, heureusement, il reste le magasinage.

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Je parle de tes fesses ce matin, l’avais-je averti au réveil.

Comment tu peux parler de mes fesses quand il est question de testament!!!

Il a fini par comprendre.

La température est parfaite pour lire ça, a-t-il glissé en regardant par la fenêtre.

– Oui, mais la température est excellente pour aller magasiner aussi.

– T’as raison, hier, au magasin Apple, ils m’ont dit qu’il y aurait des files dehors aujourd’hui.

Black Friday pour les uns, Journée sans achat pour les autres (si peu nombreux), j’ai reçu un courriel cette semaine qui m’expliquait les stratégies à adopter pour maximiser mon « Black Friday ». Par exemple: aller magasiner à plusieurs. Tandis qu’un attend en ligne, l’autre se précipite sur les aubaines et achète deux Wii et deux écrans géants. Ou tandis que l’un se charge de l’électronique, l’autre se précipite dans les articles de cuisine pour se procurer la nouvelle batterie de cuisine de Ricardo. Le bonheur!

Avec le Boxing Day, je ne peux imaginer plus éloigné de l’essence même de l’existence que cette frénésie contemporaine qui est en train de signer notre mort à tous et celle des ressources disponibles.

On appelle cela du déni ou de la fuite en avant.

Tiens, ça me fait penser à notre langue, dont il a été abondamment question cette semaine dans les médias, notamment grâce à Guy A. Lepage lors de son passage à l’Assemblée nationale et hier, Alain Stanké. Tant que nous vivrons dans le déni, que nous encouragerons des entreprises qui se rient de nous, nous donnerons du sucre à un diabétique. Scuze my french. Non seulement, on leur donne notre argent, mais en plus, on le fait en anglais.

Dites: Bêêêêêêêê!