Chroniques

Quand moins dépenser devient excitant

Mieux consommer pour rêver plus grand que grand!

Mot_Alex

Au jeu de la consommation, j’ai toujours fait partie de l’équipe des acheteuses dépensières, souvent compulsives. Et jamais je n’aurais pensé que moins dépenser puisse être excitant. Comment le vent a-t-il tourné ? Je me l’explique encore mal. Mais une saturation naturelle pour la consommation à outrance a fini par me raisonner. Consommer trop ou pour trop de petites choses procure un plaisir immédiat mais bien éphémère. Et on en redemande rapidement. C’est comme toucher le fond d’un sac de chips qu’on a englouti sans même le savourer. On le regrette, on se dit qu’on fera un meilleur choix la prochaine fois.

Est-ce que l’impact du gaspillage sur l’environnement est un argument qui a peu à peu fait sa place dans mon esprit ? Assurément. Mais je suis parvenue à passer de la théorie à la pratique en me fixant des objectifs, des rêves même (au risque de paraître cucul). Des rêves que j’aurais crus hors de ma portée. Ces objectifs sont devenus des passions, voire des obsessions. Et je vous assure qu’ils deviennent de redoutables armes de persuasion massive quand il s’agit d’épargner. Ou de dépenser intelligemment. Dépenser pour des choses inutiles m’empêchait d’accéder à de grandes choses. Et justement, je vois grand. Plus grand que grand parfois. Une énième robe ou ce mois d’hiver que je souhaite passer au Chili avec ma gang et mes amis ? La bonne décision à prendre s’impose d’elle-même.

Ce genre de question permet de se déprogrammer. Chaque achat devient réfléchi. Chaque décision s’impose dans le but d’atteindre son objectif. Et les objectifs peuvent être aussi simples que ce cours de yoga dont on aperçoit l’annonce en route vers le boulot chaque matin ou que ces travaux qu’on souhaite entreprendre dans une pièce de la maison. Dans cet esprit, même les heures de travail supplémentaires deviennent moins lourdes. Épargner devient alors sincèrement excitant. On ne remplit même plus le panier d’épicerie de la même manière. On planifie un peu plus, on récupère, on ne nourrit plus la poubelle. Parce qu’on a en tête le fameux objectif.

Et ce rêve qu’on veut fou, déstabilisant, stimulant, voilà qu’il est à portée. Pour moi, ce sont les voyages. Notamment dans mon pays natal, pour faire découvrir à mes enfants leurs racines. À chaque congé, si court soit-il, je veux voyager, idéalement dans un autre coin reculé du monde pour secouer mes valeurs nord-américaines.

Du plaisir instantané, je suis passé en mode plaisir profond durable. Et je porterai dans tous ces voyages toutes les petites robes achetées avant mes résolutions…

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