Blogue La course et la vie

Entrevue avec Dominic Arpin, coureur

L'animateur de Cours toujours parle de sa passion.

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Dans une autre vie, j’avais surnommé Dominic Arpin « mon petit fondant au chocolat » tant c’était un homme délicieux, tendre et gentil avec tous et chacun.

Disons-le franchement, c’est rare.

La course m’a permis de le retrouver (un autre bénéfice marginal de la course, retrouver des amis, et aussi de l’argent dans les poches des shorts, mais c’est un autre sujet).

Il a gagné une cicatrice de badass, mais il est toujours aussi sweet et délicieux, et finalement, comme le disait si bien James Dean : « seuls les tendres sont vraiment forts ».

Dominic anime maintenant une émission entièrement consacrée à la course à pied, diffusée sur MAtv, et judicieusement baptisée : « Cours toujours » (oui, mon lapin)!

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Dominic Arpin anime Cours toujours sur MAtv. Crédit photo: Rachel Côté

Dominic, raconte-moi ta « première fois ». Comment ça s’est passé?

Au Collège royal militaire de St-Jean où j’ai fait ma première année collégiale, chaque infraction au code de vie était accompagnée d’une punition qui consistait à courir autour du terrain de parade. Un trajet d’un kilomètre! On appelait ça « pogner un circuit ». Bien malgré moi, c’est là que j’ai commencé à courir sérieusement. J’avais 16 ans et je trouvais ça PÉ-NI-BLE! Mais tranquillement, j’ai commencé à aimer mes punitions. C’était l’occasion d’aller courir tranquille, loin des supérieurs! J’ai même fini par m’inscrire à l’équipe de cross-country du CMR.

Du matin ou du soir?

J’apprécie particulièrement courir le matin, dans la fraîcheur de l’aube, quand la ville est tranquille et qu’on entend le bruit de ses pas résonner. Malheureusement, en raison de mon horaire j’ai rarement l’occasion de courir tôt, sinon le week-end.

Seul ou avec d’autres?

Ça dépend. Je cours souvent avec ma blonde. On suit généralement le même plan d’entraînement. Sinon, avec un groupe d’amis dans notre quartier. J’aime toutefois aussi aller courir seul avec mon iPod. Ça dépend de mon humeur!

Est-ce que tu as des objectifs de course?

Je suis obsédé par mes temps. Il y a plusieurs objectifs que j’aimerais atteindre. Faire un 5 km en 20 minutes, un 10 km en moins de 45 minutes, un demi en bas d’une heure 50 et un marathon en moins de 4 heures. Mais surtout : battre ma blonde. Si petite et si vite à la fois! 😉

Est-ce que ces objectifs de course influencent d’autres objectifs de ta vie?

Mes ambitions professionnelles dévorantes ont peu à peu cédé la place à mes ambitions de coureur, toutes aussi dévorantes! Je ressens autant de fierté à faire une belle course qu’à réaliser une bonne émission de télé ou de radio! Je suis pas mal moins workaholic depuis que je cours! Je rêve même parfois d’une année sabbatique pour me consacrer à un entraînement intensif de course à pied!

As tu un grand rêve de coureur? Une course ou une destination mythique qui te motive?

Courir le marathon là où tout a commencé : en Grèce! Réussir un temps qui me permettrait d’aller à Boston. New York, Paris, Berlin, Vegas! Je veux courir pour voyager et voyager pour courir.

Tu chausses quoi? Es-tu fidèle à tes chaussures ou polygame du running?

J’ai fait bien des essais mais je reviens toujours à Mizuno. Quand je mets le pied dans l’une de leur chaussure, j’ai l’impression qu’elle a été moulée spécialement pour moi!

Est-ce que tu suis un plan d’entraînement? Si oui, lequel et pourquoi?

Je me sers essentiellement des plans que je trouve dans des livres comme Courir au bon rythme ou Courir Mieux. Mais j’aimerais bien un jour me « payer » un plan personnalisé.

Tu fais attention à ce que tu manges et à ce que tu bois ou c’est « au diable la dépense »?

J’ai commencé à faire réellement attention à mon alimentation au début de la quarantaine quand j’ai commencé à courir de façon plus sérieuse. Depuis l’opération que j’ai subi l’an dernier, je fais encore plus d’effort pour bien manger. J’ai coupé le sucre, réduit l’alcool et je bois beaucoup plus d’eau pour aider mon rein!

Tu t’entrainais avant d’être malade, et tu as repris l’entraînement après. Est-ce que ton rapport à ton corps a changé?

J’ai longtemps trouvé mon corps banal. Un grand maigre un peu rachitique. Le « cross-fit » et la course m’ont littéralement transformé. Tout à coup, j’avais des jambes musclées, des pectoraux, des épaules et des abdos découpés. J’étais fier. J’ai donc trouvé difficile de voir ce corps que j’aimais enfin, défiguré par une immense cicatrice qui me traversait le corps après l’opération. J’ai mis du temps à l’accepter et à oser me dévêtir en public. Mais en bout de ligne, je m’estime juste chanceux d’être encore en vie et surtout de pouvoir continuer à m’entrainer et être actif. C’est un privilège qu’on sous-estime! Je réalise plus que jamais à quel point le corps est une fantastique machine et j’aime plus que jamais ce qu’il me permet d’accomplir. Et j’essaie de me convaincre que ma cicatrice me donne un look de badass! 😉

Cours toujours

Qu’est-ce que tu dis à quelqu’un qui te dis « ah non, la course, c’est pas pour moi, je serais jamais capable »?

J’ai déjà lu que le plus difficile n’est pas de terminer un marathon mais bien de le commencer! Il faut juste se botter un peu le cul. J’aime beaucoup le slogan de Nike : Just Run. Quand j’ai mal ou que ça ne me tente pas, c’est ce que je me dis : « Just fucking run! » C’est un peu mon mantra. 😉

Quels sont les critères qui te guident dans le choix de tes invités pour l’émission?

On a opté pour des coureurs et coureuses avec des expériences très variées. Ça va de l’ultra-marathonien Patrice Godin à Isabelle Racicot, qui court pour le plaisir une à deux fois par semaine. L’idée est de permettre à tout le monde de pouvoir s’identifier à nos invités.

En dehors du rôle d’animateur, as-tu le sentiment d’être une source d’inspiration pour plusieurs?

Oui, et ça me trouble considérablement. Dans le bon sens du terme. Des gens viennent me voir en plein milieu d’une course, alors que j’ai la langue à terre, pour me dire que mon histoire les a inspiré et motivé. Chaque fois l’émotion m’envahit. Même si je n’ai jamais cherché à inspirer qui que ce soit dans la vie, à part mes enfants,  je trouve absolument incroyable de pouvoir faire une différence pour de parfaits inconnus. J’en suis très fier!

Quand tu penses à ceux qui regarderont l’émission, tu visualises qui?

Ceux et celles qui ramassent le magazine kmag lorsqu’ils vont dans une boutique de course à pied! Bref, des gens qui aiment se renseigner sur la course à pied et qui veulent apprendre.

Qu’est-ce qui te touche le plus d’un invité?

J’aime quand un invité reste lui-même et qu’il se livre en toute confiance. On a réussi à obtenir des confidences assez surprenantes lors de nos entrevues. Faut croire qu’on baisse un peu la garde lorsqu’on court!

Quels sont tes objectifs pour l’émission?

Donner le goût de courir à ceux et celles qui ne courent pas déjà, et aider ceux et celles qui courent à s’améliorer. Simple as that!

Bon, Dom, le Club de course Châtelaine s’entraine les mardi soirs à la montagne. Quand est-ce que tu viens courir avec nous?

Je commence mes vacances dans deux semaines. Count me in then!

 

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Diffusion provinciale de Cours toujours

Dès le mercredi 11 juin à 19 h 30, en rappel le dimanche à 15 h 30   |  Chaînes 9 et 609 | MAtv.ca | illico.tv