Livre du mois: Promesse de Jussi Adler-Olsen

L’auteur danois Jussi Adler-Olsen signe la sixième enquête de sa série consacrée au département V de la police de Copenhague, spécialisé dans les affaires non élucidées.

 

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L’histoire

Avril 2014. Le commissaire Carl Mørck, du département V, refuse de ­donner suite à l’appel d’un confrère de l’île de Bornholm. Le lendemain, ce policier se suicide. Depuis 17 ans, il tentait d’éclaircir une affaire classée comme accident de la route qui lui paraissait louche. En maugréant, Mørck reprend le dossier. Avec ses deux assistants, il va partir sur les traces d’une jeune fille retrouvée morte en novembre 1997.

Les personnages

La désormais célèbre équipe du département V. Carl Mørck. Policier depuis 25 ans. Désabusé, malheureux en amour, bougon et généreux (il a recueilli chez lui un collègue paralysé à la suite d’une fusillade où lui-même a été blessé). Assad, son assistant. Réfugié syrien au passé secret, d’une fidélité indéfectible à son chef. Rose, fragile sous une allure punk, à l’intuition sans faille. Les suspects. Atu Abanshamash, gourou charismatique. Pirjo, sa comparse, menaçante sous des airs mielleux.

 

On aime

Le périple à travers le Danemark jusqu’à l’île suédoise d’Öland, où l’on fait la connaissance de personnages étonnants. L’aperçu du pouvoir que des manipulateurs doués ont sur les foules crédules. Le terrible jeu de pistes dans lequel les petits cailloux blancs ne sont là que pour détourner l’attention et déstabiliser.

olsen-portraitPOUR LIRE UN EXTRAIT DE LA PROMESSE

L’auteur

Jussi Adler-Olsen, l’écrivain danois le plus lu dans le monde, est né en 1950 à Copenhague. À 30 ans, il écrit un premier roman qu’il range dans un tiroir, « où il est resté », précise-t-il aujourd’hui. Musicien, scénariste, pacifiste, éditeur, ce fils de psychiatre revient à l’écriture et se consacre au polar, façon pour lui d’appréhender sa société. En 2011, Miséricorde, premier opus de la série Département V, est un best-seller instantané couronné par une flopée de prix prestigieux. Comme d’ailleurs ceux qui suivront au rythme d’un nouveau chaque année – Profanation, Délivrance, Dossier 64 et L’effet papillon –, traduits dans plus de 40 pays et vendus à 10 millions d’exemplaires.

 

Les critiques du Club de lecture Châtelaine

SoniagrattonSonia Gratton

J’ai aimé : Je ne suis pas expérimentée en matière de littérature policière ; je n’ai lu que les Henning Mankell et la série Millénium, et je croyais n’avoir que peu d’intérêt pour le polar, mais force m’est d’admettre que j’ai accroché ! Au fil de la lecture, j’ai laissé tomber toutes mes réserves – le personnage de policière en croqueuse d’hommes, ceux tellement trop crédules qui changent leur vie sur un dix cents, la jalousie maladive et cliché des femmes, les stéréotypes de policiers malheureux dans leur vie personnelle qui rêvent de retraite, etc. – pour profiter du plaisir simple de dénouer l’intrigue. Le récit est super bien écrit et le personnage d’Assad, qui ne comprend pas toutes les expressions, permet plein de jeux de mots allégeant l’atmosphère. L’intrigue de base est intéressante, de même que le fait qu’on reprenne une enquête longtemps après les faits. J’ai été touchée par toute cette tragédie digne d’un opéra. Ce n’est pas de la grande littérature, mais c’est un divertissement honnête et très efficace.

J’ai moins aimé : Beaucoup de suicides… Tout ce qui concerne le charlatanisme et le « Grand Tout » m’a franchement énervée. Aussi, on sent très bien que ce livre fait partie d’une série et certaines boucles ne sont pas complétées. Je vais certainement chercher à lire les autres pour me rassasier – mais j’imagine que c’est un compliment !

Ma note sur 10 : 9

ChristianAzzam-1Christian Azzam

J’ai aimé : Il me faut tout d’abord préciser que le dernier polar que j’ai lu avant de plonger dans Promesse avait probablement été écrit par Agatha Christie, c’est vous dire comme j’affectionne le genre. J’ai depuis délaissé les romans policiers, sans doute pour des questions métaphysiques. Pourquoi lire ? Voilà longtemps que je ne me pose plus la question, mais je dois admettre que je me le suis demandé cette fois, au fil des quelque 650 pages du roman d’Adler-Olsen. Même si je n’ai eu aucune difficulté à les lire et que je ne cacherai pas que j’y ai au contraire pris plaisir, ç’a été un plaisir sec, sans profondeur. Bien sûr, l’auteur sait nous donner envie de tourner les pages et réussit même à nous convaincre d’hypothéquer quelques heures de sommeil pour en apprendre davantage au sujet de cette (autre) enquête scandinave. L’exotisme des lieux et de certaines descriptions, voire la seule orthographe des villes parcourues à mesure que l’histoire progresse, pourrait pratiquement être un motif suffisant pour justifier la lecture, s’il est encore nécessaire de répondre à la question. J’ai en effet toujours trouvé que la lecture était une formidable façon de voyager. Et puis, en dépit du fait qu’il s’agit bien d’un roman noir, ce livre ne manque pas d’humour.

J’ai moins aimé : Dans cette quête de plaisir, on sort du livre en se demandant si l’auteur n’en a pas eu plus que le lecteur, tant il a dû s’amuser à brouiller les pistes, à écrire, à écrire et écrire encore, peut-être trop, pour conclure en vitesse avec des motifs si peu convaincants que cela ne serait pas étonnant qu’on arrive à faire la preuve que tout cela n’était que du pipeau. Je retournerai à mes anciennes amours, d’ailleurs, il doit bien rester une cinquantaine de titres que je n’ai pas encore lus…

Ma note sur 10 : 6,5

SandrineDesbiensSandrine Desbiens

J’ai aimé : Le livre se dévore et on ne peut s’arrêter de lire. L’histoire nous tient en haleine et, au final, le coupable nous surprend totalement. Je dois avouer que 600 pages peuvent se comparer à la montée de l’Everest lorsque l’on commence le livre, mais cela finit par être une promenade de santé. Les personnages sont très intéressants, surtout leurs caractères respectifs, qui doivent cohabiter dans un même livre.

J’ai moins aimé : Il y a quelques longueurs et si l’on n’a pas lu les cinq livres parus avant celui-ci, il nous manque quelques informations.

Ma note sur 10 : 8,5

Anja_DjogoAnja Djogo

J’ai aimé : À l’instar de tout roman policier qui se respecte, c’est un livre qui se lit vraiment facilement, et ce, malgré plusieurs longueurs. Le passage où un théologien explique à Carl Mørck les liens entre l’astrologie et les religions traditionnelles a piqué ma curiosité et je sentais qu’il y aurait eu là matière à un autre roman très intéressant !

J’ai moins aimé : J’ai trouvé qu’il y avait plusieurs choix narratifs incongrus dans ce livre. Alors que l’enquête principale porte sur une vieille affaire non résolue à laquelle plus personne ne s’intéresse, les détectives ne sont même pas au courant qu’un tueur en série (dont on connaît déjà l’identité) continue de sévir impunément ! En tant que lecteur qui connaît tous les pans de l’histoire, on trouve rapidement que les enquêteurs n’ont pas mis les priorités au bon endroit.

Commentaires : Promesse comporte plusieurs références à des événements survenus dans d’autres livres de la série Département V, ce qui a pour effet de désintéresser le lecteur dont c’est la première incursion dans l’univers de l’inspecteur Carl Mørck.

Ma note sur 10 : 5

NathalieThibaultNathalie Thibault

J’ai aimé : Le titre ne nous laisse pas entrevoir quelle est la promesse, mais elle est là ! Une vie branchée sur la nature et la communauté, quel projet banal, mais inquiétant… Surtout quand on ressasse le passé pour découvrir un présent où l’instinct de survie mène les humains à poser des actes pas jolis jolis. On est confronté aussi, chez plus d’un personnage, aux failles humaines à travers lesquelles la manipulation d’êtres malveillants et désespérés d’amour vient s’immiscer. L’enquête se construit lentement et prend son envol et son rythme obsédant dans la deuxième partie du roman. Le trio d’enquêteurs sympathiques prend la relève d’un policier qui, on se demande pourquoi, prend à cœur la mort d’une si belle jeune femme survenue il y a 20 ans. Palpitant !

Je n’ai pas aimé : Trop, trop de personnages ! L’histoire s’en va dans trop de directions… on s’y perd comme le policier qui s’y est perdu pendant 20 ans ! Pourquoi s’entête-t-il ? Ce semble être la question qu’on oublie finalement, tant les nouveaux personnages peuvent tous être coupables. Le dénouement est quand même peu surprenant, et les cailloux blancs semés ici et là ne nous sont pas apparus, même en rétrospective, bien évidents !

Commentaires : Un bon polar, qui nous tient presque depuis le début ! Le rythme s’accélère tant qu’on doit se concentrer pour lire tous les mots de la phrase, dans notre hâte d’y voir clair. Et pourquoi Assad s’appelle-t-il en réalité Saïd ? À suivre…

Ma note sur 10 : 8

francegiguereFrance Giguère

J’ai aimé : L’histoire qui tourne autour d’un homme et de sa secte, adorateurs du soleil. La description de la secte et de ses adeptes est bien faite et ajoute du mystère au roman.

Je n’ai pas aimé : J’avais une impression de déjà vu. Par exemple, l’inspecteur qui n’aime pas son nouveau supérieur et qui se voit obligé de travailler avec un grand échalas de service, pas allumé. Il me semble que chaque fois que je lis un roman policier, je retrouve ce genre de personnages secondaires. Je n’ai pas aimé non plus la façon dont l’auteur essaie de nous mener vers deux suspects. Pour moi, c’était tellement gros que je n’y croyais pas. Si bien que, à la page 246 sur quelque 600, j’ai deviné qui était l’assassin, moi qui pourtant ne lis pas souvent de romans policiers. Aussi, cette affaire ancienne non résolue de l’inspecteur qui vient s’entremêler à l’intrigue ne lui ajoute rien et laisse le lecteur en plan. Enfin, le dénouement qui se passe à la secte avec les deux policiers m’a paru tiré par les cheveux. Bref, j’ai été déçue.

Ma note sur 10 : 5

mariellegamacheMarielle Gamache

J’ai aimé : L’enquête criminelle menée par le trio improbable que forment Carl, Assad et Rose – le département V –, ainsi que l’histoire parallèle, décalée dans le temps, qui aborde l’univers des sciences occultes. Cette dernière pique la curiosité, éveille divers soupçons et renforce l’intrigue principale. L’humour entre les protagonistes allège subtilement le récit, savoureux. Bref, tout est judicieusement agencé de façon à créer un excellent suspense qui se termine sur une finale enlevante, palpitante et des plus inattendues.

J’ai moins aimé : Je me suis sentie étrangère au dénouement de certains évènements évoquant le passé des membres de l’équipe : exhaustif pour certains, insolite pour d’autres. Le recours aux expressions linguistiques méconnues d’Assad, qui amène une incontestable touche d’humour au roman, m’est cependant apparu un peu redondant.

Commentaires : Nouvelle lectrice des romans d’Aldler-Olsen, j’ai pris plaisir à en découvrir l’univers meublé de personnages singuliers. L’auteur, par une écriture explicite, intelligente, des intrigues indépendantes et captivantes, réussit à rallier tout nouveau lecteur et à aiguiser l’intérêt pour l’intégrale de son œuvre. Vivement que je lise le premier volume des enquêtes du département V !

Ma note sur 10 : 8,5

isabellegoupilsormanyIsabelle Goupil-Sormany

J’ai aimé : Le roman traduit très bien la complicité historique entre les trois enquêteurs. Les descriptions de la lande danoise m’ont aussi plu. Certains moments de la vie insulaire sont également intéressants à découvrir : j’imaginais très bien un chalutier en train de protéger le cordon ombilical de son île.

J’ai moins aimé : Malgré ses 650 pages, le roman laisse une impression de superficialité. Jamais le mobile, partagé en deux temps historiques, ne m’a accrochée ni même émue. Le prétexte initial de l’intrigue policière – un suicide pour forcer une enquête sur un cas présumé de meurtre qui n’intéresse plus personne – n’a pas su me captiver. Personne ne profitera réellement de sa résolution non plus, quand on y pense.

Commentaires : Le crescendo entre les deux histoires d’amour qui mènent aux meurtres est bien ficelé. Mais la recette est évidente. De plus, je me demande si l’auteur n’a pas fait le tour de ses trois enquêteurs. La caricature de la secte m’a fait glisser de plus en plus rapidement sur ces pages de l’histoire… Jusqu’à en perdre le désir de deviner l’intrigue, au final, pratiquement banale.

Ma note sur 10 : 6

marie-claude_n_bMarie-Claude Rioux

J’ai aimé : Retrouver l’insolite trio du département V : Carl Mørck, de plus en plus irascible ; Assad, le Syrien ; la pétillante Rose et sa double personnalité. Leur relation s’affine, s’approfondit. C’est un vrai plaisir de les découvrir un peu plus à chaque tome.

J’ai moins aimé : Le manque criant d’originalité de l’intrigue. Certaines situations frisent l’invraisemblance. Malgré quelques rebondissements bienvenus, le dénouement, en demi-teinte, m’a achevée.

Commentaires : Beaucoup d’attente au départ pour ce nouveau Jussi Adler-Olsen et une réelle déception à l’arrivée. Ce tome n’est pas à la hauteur des premières enquêtes. Je me rappelle Miséricorde avec Merete Lynggaard enfermée et Délivrance avec les enfants kidnappés. De grands crus, dont je suis nostalgique.

Ma note sur 10 : 5

Raphaelle-Lambert

Raphaëlle Lambert

J’ai aimé : La façon dont le département V se voit obligé, à la demande d’un policier de province, de reprendre cette vieille enquête autrefois classée en accident. L’intrigue bien ficelée, qui se déroule sur 25 ans et durant laquelle se construit la démarche d’un gourou charismatique. Les personnages bien campés, leur passé qui les rattrape, leurs motivations secrètes et leurs pulsions inavouées. L’humour de l’auteur dans ce contexte plutôt sombre et son regard sur ce qui pousse les gens vers ces univers ésotériques, à la recherche d’une vie meilleure.

J’ai moins aimé : Certains sauts dans le passé ; ils sont nombreux et, bien que ce procédé soit très utilisé dans le genre, ça me dérangeait parfois. Les chicanes de famille de l’inspecteur Mørck, qui semblent un peu arriver de nulle part. (Par contre, comme j’ai commencé la série par le sixième livre, donc sans connaître les personnages, il m’en manquait peut-être des bouts.) Certaines mésaventures qui m’ont paru invraisemblables ; il y a quand même beaucoup d’action pour si peu de gens en si peu de temps…

Commentaires : Un bon polar, dans la lignée des romans policiers scandinaves sortis ces dernières années. Maintenant, il me faudra reprendre la série du début ! Toutefois, même sans connaître les personnages principaux, l’histoire se suit très bien ; après tout, c’est une enquête policière.

Ma note sur 10 : 8,5

Livre du mois précédent: La balade des pas perdus de Brooke Davis

 

 

 

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