Livre du mois

Testament, de Vickie Gendreau

2012. Le diagnostic tombe. Vickie Gendreau, 23 ans, danseuse nue, est atteinte d’un mal incurable. Pour elle, une seule échappatoire : écrire pour laisser une empreinte de sa courte vie.

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L’amorce

« Je voulais scénariser ma mort avant de mourir », a expliqué Vickie avec candeur à Tout le monde en parle en septembre 2012. Trois mois plus tôt, elle avait appris qu’un cancer lui rongeait le cerveau. Entre deux traitements, cette amoureuse de la poésie noircissait des pages, publiées peu après aux Éditions Le Quartanier. Dès sa sortie, Testament a créé une onde de choc.

L’histoire

Il s’agit d’une autofiction, un genre popularisé au Québec par Marie-Sissi Labrèche et Nelly Arcan. Vickie se dévoile lentement, souvent par amis interposés, qui réagissent à sa mort. Sa famille aussi, dont sa mère. Qui apprend, en lisant Testament, certaines choses sur sa fille : que Vickie a dansé nue pendant trois ans, à Val-d’Or notamment, où elle a été violée ; qu’elle s’est prostituée aussi. L’auteure a une étrange obsession pour les fennecs, ces renards des sables qu’elle « collectionne » par centaines et lègue à son entourage (en plus d’un bikini à fleurs à sa mère et d’une poupée gonflable à une certaine Catherine).

Les points forts

Les critiques ont été unanimes : il y a dans Testament une voix, un souffle, un style. Bref, Vickie Gendreau avait un réel talent d’écrivaine. Il ne plaira pas à tous, mais il est indéniable. Oui, c’est un cri, souvent cru, parfois confus, qui prend au ventre et qui, surprise, est aussi traversé de touches d’humour.

Chez Boréal Compact, 10,95 $ (168 pages).

Testament, transposé au théâtre, tiendra l’affiche au Quat’sous du 10 au 30 mars.

Lisez les cinq premières pages de Testament, de Vickie Gendreau.

 

L’auteure : Vickie Gendreau

«Je suis fleur bleue jusqu’au bout des ongles, a-t-elle dit à La Presse. Je suis née le même jour qu’Alexandre Jardin et j’en suis très fière.» L’écrivain français est né le 14 avril 1965 et Vickie, le 14 avril 1989, à Montréal.

Sur son enfance, l’auteure révèle certains épisodes dans Testament, dont l’absence de son père, « [qui] a passé quatre ans à se crisser d’elle [sa mère], de moi, de nous ». Dans une vidéo sur YouTube tournée le 30 avril 2013 lors de la lecture publique de Drama Queens, son second roman, on la voit arriver en fauteuil roulant. Onze jours plus tard, elle mourait. Drama Queens sera publié le 8 avril chez le Quartanier.

Extrait

« Stanislas, ça va toujours être l’homme de ma vie, je ne suis tout simplement pas la femme de la sienne. Je t’expliquerai ça plus tard. Plus tard dans ce petit livre, dans ma petite vie. Je pensais que j’allais écrire ce livre et ne plus jamais revenir sur le sujet, sur le garçon. Tout est impératif maintenant dans ma vie. C’est probablement la dernière peine d’amour que je vis. Ça fait mal les dernières fois, c’est vulgaire la vie. »

Lisez les cinq premières pages de Testament, de Vickie Gendreau.