Club de lecture

Marie-Louise Arsenault: ma vie en cinq livres

Animatrice de l’émission Plus on est de fous, plus on lit! à la Première Chaîne de Radio-Canada, notre nouvelle collaboratrice partage avec nous les lectures qui l’ont marquée.



 

Astérix et Cléopâtre
(Goscinny et Uderzo)
« Les premiers livres que l’on lit restent ancrés en nous pour la vie. Je me souviens très bien des albums d’Astérix que nous empruntions à la bibliothèque de Chibougamau, des exemplaires un peu écornés qui sentaient l’humidité, et que ma sœur Mimi et moi dévorions en gloussant de plaisir. Aussi, je peux dire aujourd’hui que c’est Goscinny qui, le premier, a forgé mon imaginaire et mon humour (« Alors, les enfants, on s’énerve pas! ») et qu’il teinte encore le regard toujours un peu amusé que je porte sur le monde. »


 

Dix petits nègres
(Agatha Christie)
« Je dois probablement au talent d’Agatha Christie, que j’ai découverte enfant, d’être friande d’histoires policières où un meurtre bouscule l’ordre établi tout en faisant remonter à la surface le fragile équilibre entre le bien et le mal. Dans cette histoire que j’ai relue au moins 10 fois, les invités d’une fête macabre, tous coupables d’avoir commis un homicide, finiront par se perdre, non sans avoir fait face à l’horreur de leurs actes. Un chef-d’œuvre du genre, encore efficace 70 ans après sa publication. »



 

1984
(George Orwell)
« En 1949, George Orwell a imaginé un monde totalitaire où la violence, le contrôle et la propagande déterminent le quotidien de millions d’individus, asservis au pouvoir du fameux Big Brother, dont la surveillance constante empêche toute liberté. Toujours percutant, ce roman que j’ai lu beaucoup trop jeune, probablement pour impressionner mon grand frère, décrit un univers oppressant qui ressemble parfois étrangement à celui que nous avons construit, à coup de pubs pour crèmes rajeunissantes et de guerres « libératrices ». »



 

L’amant
(Marguerite Duras)
« Lu à l’adoles­cence, ce court roman campé dans l’Indochine coloniale des années 1930 a été pour moi une révélation. Dans L’amant, Marguerite Duras raconte l’histoire de la jeune fille qu’elle a été à 15 ans, coincée entre son désir pour un riche étranger, une mère désespérée, un frère violent et le sceau de la pauvreté. Éprise de vérité, elle réussira à surmonter les interdits, dont celui, puissant, de la sexualité. Un roman initiatique où la lu­mière de l’Asie et la chaleur languissante des après-midi volés rythment des pages d’une grande sensualité. »



 

Glamorama
(Bret Easton Ellis)
« On dit de Bret Easton Ellis qu’il est l’écrivain de la génération X, c’est-à-dire la mienne. Sa vision du monde, profondément désenchantée, ressemble à s’y méprendre au monde qui nous a été légué quand nous sommes arrivés à l’âge adulte, au tournant des années 1990. Dans Glamorama, un mannequin accroché aux mirages de la célébrité se transforme en dangereux terroriste. Une étude de mœurs déconstruite et chaotique – comme l’est de plus en plus notre monde – à la fois tragique et terriblement divertissante. »

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