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Ma vie en 5 livres : Pascale Wilhelmy

La journaliste et animatrice est désormais auteure. Et elle lit aussi beaucoup, passionnément.

Archives Agence QMI

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poesies-300Poésies (édition originale 1904)

J’avais 16 ans quand ma mère m’a donné ce recueil d’Émile Nelligan en me disant : « À ne pas suivre de trop près ». Et j’ai compris pourquoi : à cause de sa folie… Avec lui, j’ai fait mes premiers pas dans la poésie, un univers dur, triste, mais qu’on a besoin d’explorer quand on est ado. Et j’ai découvert la beauté des mots. Je me souviens d’avoir aimé Roses d’octobre (Pour ne pas voir choir les roses d’automne / Cloître ton cœur mort en mon cœur tué / Vers des soirs souffrants mon deuil s’est rué…). Je pense que j’ai eu un kick sur lui, il était très beau.

 

roman-zelda-300Z – Le roman de Zelda (2013)

Depuis que j’ai commencé à écrire, je lis peu, parce que j’ai peur de la comparaison. Pourtant, à cause du film Gatsby le magnifique, j’ai dévoré cette superbe biographie romancée de Zelda, épouse de F. Scott Fitzgerald, par Therese Anne Fowler. Cela se passe dans le Paris des Années folles. Zelda avait également un talent d’écriture. Mais elle voyait ses nouvelles publiées sous le nom de son mari, sous prétexte que lui était connu. Peut-être que si elle avait vécu aujourd’hui, elle aussi serait célèbre.

 

novecento-300Novecento : Pianiste (1997)

Il y a plusieurs années, pour mon anniversaire, des amis se sont passé le mot et m’ont offert des livres d’Alessandro Baricco, dont Soie, que tout le monde connaît. Dans chacun d’eux, j’ai trouvé une dédicace qui m’invitait à plonger dans l’univers du romancier. Ce que j’ai fait. J’ai une préférence pour Novecento, qui était au départ une pièce de théâtre. Le personnage principal est un pianiste né sur un paquebot qu’il n’a jamais quitté. Il a le pouvoir de l’imagination, le sens de l’écoute, et c’est ce qui m’a frappée.

 

rien-oppose-nuit-300Rien ne s’oppose à la nuit (2011)

On a tous une façade et, derrière, des failles qu’on cache. La femme qu’on voit sur la couverture, c’est Lucile, la mère de l’auteure, Delphine de Vigan. Lucile a aussi une faille, et ce n’est qu’à la fin qu’on apprend sa provenance. C’est l’histoire d’une famille déchirée. Ce qui m’a touchée ? La relation de l’auteure avec sa mère. Elle a deviné les faiblesses de celle-ci, plus que sa sœur. Delphine a souffert des choses cachées de la vie de Lucile. Ce livre (prix Renaudot des lycéens 2011) a été pour moi un choc, vraiment.

 

les-sangs-300Les sangs (2013)

Audrée Wilhelmy a 27 ans, c’est l’écrivaine de la famille, elle a une écriture extraordinaire, d’une grande poésie. Oss, son premier ouvrage, a été finaliste au prix du Gouverneur général. Audrée est fascinée par les contes de Charles Perrault et on le voit dans Les sangs, qui rappelle l’histoire de Barbe-Bleue. Sept femmes veulent mourir des mains du même homme, et chacune raconte son histoire avant de disparaître. C’est Audrée, avec ses pages pleines d’érotisme, qui a ouvert la voie aux scènes de sexe dans mon propre livre.