Petit guide d’introduction au «slow food»

Né à Rome, le mouvement «slow food» a conquis la planète. Comment peut-on y souscrire, nous aussi?

 

Écogastronomie, alterconsommation, slow food… Peu importe comment on l’appelle, ce mouvement prône un ralentissement tant au niveau de la production, de la transformation que de la consommation de nos aliments. Voici ses grands principes et quelques astuces pour y adhérer!

Photo: Caroline Attwood/Unsplash

D’abord un peu d’histoire…

L’implantation d’un restaurant MacDonald en plein cœur de Rome, en 1986, n’a pas plu du tout au journaliste culinaire Carlo Petrini. En guise de riposte, il a créé un mouvement d’opposition à l’invasion de la restauration rapide au coeur de cette capitale si riche en histoire. Le slow food était né. Au fil des années, ce mouvement prend de l’ampleur et devient international. Des gens de partout dans le monde s’unissent pour préserver le savoir-faire local, la biodiversité alimentaire et l’authenticité des saveurs.

Principe no 1: Conserver la tradition

Les aliments produits de façon industrielle volent parfois la vedette aux petits producteurs en raison de leurs prix compétitifs. Malheureusement, cela a souvent pour effet de standardiser la saveur d’un produit, qui n’a rien à voir avec celle du même produit fait de façon artisanale. En achetant chez le producteur de plus petite envergure, on s’assure d’un goût authentique et digne des méthodes traditionnelles. On conserve ainsi notre culture culinaire, qui est une partie importante de notre identité.

Astuces
– On achète des produits artisanaux faits localement
– On cuisine soi-même des mets traditionnels

Principe no 2: Protéger l’environnement

La planète nous offre gracieusement de la nourriture dont on a besoin pour subsister… et en retour, que lui offrons-nous? Destruction des forêts, détérioration des cours d’eau, diminution de la biodiversité… Et si on encourageait davantage les méthodes d’agriculture, d’élevage et de pêche durables? Et si on achetait de moins en moins des produits ultratransformés que fabriquent les multinationales sans considération pour la planète et la santé des personnes?

Astuces
– On choisit des poissons issus de la pêche durable
– On achète bio le plus possible
– On se remet à cuisiner plutôt qu’acheter des produits transformés
– On limite au maximum le gaspillage alimentaire

Principe no 3: Encourager l’économie locale

Les producteurs locaux nous offrent des aliments d’une fraîcheur inégalée. Et voilà qu’en épicerie, ils subissent la concurrence de produits qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour se rendre jusqu’ici. Non seulement on a entre les mains le pouvoir de réduire la pollution liée au transport des aliments, mais aussi celui de participer au succès et à la pérennité des entreprises locales.

Astuces
– On cueille soi-même, chez le producteur, nos fruits et légumes de saison
– On s’inscrit à des groupes d’achat de paniers bios
– On fréquente davantage les marchés publics
– On opte pour des restaurants qui cuisinent des produits du Québec

Principe no 4: Promouvoir une philosophie du plaisir

Ralentir, c’est aussi prendre le temps d’apprécier les plaisirs de la table. Quand manger devant la télévision, au volant de sa voiture ou en cinq minutes sur le coin d’une table devient la norme, nous devons nous questionner. Pourquoi ne pas prendre le temps de nous rassembler pour cuisiner, pour partager un repas et apprécier les subtilités de chaque saveur qui se trouve dans notre assiette?

Astuces
– On apprend à nos enfants à cuisiner les recettes de famille
– On organise des repas avec les gens qu’on aime
– On mange à table, sans tablette ni téléphone cellulaire

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Annie Ferland, nutritionniste; docteure en pharmacie, fondatrice de sciencefourchette.com

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