Vins et cocktails

Bonne dégustation!

Trinquer avec ses proches, ça se planifie.


Trinquer avec ses proches, c’est du pur bonheur!  Pour décupler le plaisir, appliquons ces astuces et celles de notre chroniqueuse vin, la sommelière Aurélia Filion. Dégustation mémorable en vue.

Cliquez ici pour télécharger et imprimer une fiche à utiliser lors de vos dégustations.

Rigoler, goûter de nouveaux vins, apprendre en mode détente. Voilà l’essence d’une dégustation entre amis ou en famille. Si c’est possible, on évite donc, pour ce genre d’événement, d’inviter un bonze de la chose, celui qui est du style à pontifier et à frigorifier l’atmosphère… Et aussi, question que tout le monde s’amuse et que la dégustation se déroule rondement, on prend bonne note de ces quelques conseils.

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D’abord, quel genre de dégustation?
À thème. On peut décider de se réunir autour de produits d’appellation (des beaujolais-villages par exemple, ou des champagnes). Ou choisir n’importe quel sujet qui nous allume : vins de vigneronnes, vins d’altitude… Ou encore comparer des vins similaires: tirés d’un seul cépage, comme le riesling, mais venant de différents pays ou de divers producteurs. Le thème permet à chaque invité de se renseigner à l’avance et d’arriver à la dégustation avec des faits et des anecdotes qui alimenteront la discussion.

À l’aveugle. Là, c’est une autre histoire! On camoufle les étiquettes des bouteilles et on les numérote. Comme dans un jeu de devinettes, les participants y vont de leurs remarques et hypothèses. Les informations (comme celles sur l’étiquette de la bouteille) sont dévoilées peu à peu. Prévoir alors un verre par vin pour permettre les allers-retours. Cette option demande toutefois, à la base, un minimum de connaissances de la part des participants. On l’évite donc si on a des invités intimidés par le monde du vin.

La mise en scène

  • On dégustera de 3 à 5 vins différents – au-delà, le palais arrive à saturation.
  • Le nombre idéal de dégustateurs, pour un bon niveau d’animation: de 5 à 7.
  • Quand? Avant un repas, quand les sens sont alertes. Prévoir au moins 2 heures.
  • Bannir les parfums (fleurs, eaux de toilette, gâteau dans le four…) pour garder son nez intact.
  • Prévoir une surface blanche – nappe, serviettes ou feuilles de papier – permettant d’observer le vin, un récipient qui fera office de crachoir (ou pour vider le verre), une carafe d’eau et des verres (pour se désaltérer et non pour rincer le vin?!).
  • Préparer une fiche de dégustation en plusieurs exemplaires. Elle est indispensable, car chacun y notera ses perceptions – couleur du vin, arômes, saveurs –, et ce sera le point de départ des conversations. Il existe des modèles de fiches dans les livres spécialisés et sur le Web, notamment sur le site de la SAQ. Il importe de trouver une fiche adaptée au groupe de dégustateurs, selon qu’ils sont plus ou moins connaisseurs. Ne pas oublier que personne n’est contraint de remplir toutes les cases et que, dans ce contexte, il n’y a pas de mauvaise réponse! Cliquez ici pour télécharger et imprimer une fiche de dégustation.


La dégustation en trois temps
Le but de l’expérience est de découvrir de nouvelles bouteilles et de passer du bon temps en parlant de ce qu’on aime: le vin. Tout au long de la rencontre, chacun con­signe ses impressions sur sa fiche, en essayant de trouver des mots justes et simples et en exprimant ce que le vin lui inspire. Il ne s’agit pas d’un concours mais d’un échange amusant. Pour faire les choses dans les règles de l’art, mais sans prétention, voici un petit mode d’emploi à partager avec ses invités. On sert un premier vin – toujours 2 oz environ à la fois – et c’est parti!

1. On regarde Sur un fond blanc, près d’une source lumineuse (idéalement en lumière naturelle et indirecte), chacun observe la couleur (ou la robe) du vin, puis incline légèrement son verre pour voir son disque (la limite avec le verre, témoin de l’âge). Il faut tenir le verre par le pied, pour éviter de « chauffer » le liquide.

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2. On sent  D’abord, sans remuer le verre. Puis, l’avant-bras posé sur la table, le verre à plat, on le fait tournoyer. Ce mouvement accélère la montée des arômes. On observe comment le vin redescend le long du verre… Un liquide transparent et gras, et des gouttelettes, se détachent. Ce sont les fameuses « larmes » ou « jambes ». On plonge le nez dans le verre pour la première bouffée d’odeurs.

3. On goûte  On prend une petite gorgée de vin en se pinçant les narines, ce qui permet de se concentrer sur les saveurs perçues dans le gosier (sinon, c’est le nez qui fait le boulot). Deuxième gorgée, sans se boucher le nez. On fait alors tourner le liquide, un peu comme un bain de bouche. Et pour ceux qui veulent se lancer, il y a l’aspiration d’air, lèvres serrées, en même temps. Oui, ça peut donner des bruits insolites. Mais puisqu’on est entre amis… (On peut trouver sur le Web des vidéos sur la manière de faire. Intéressant à regarder ensemble, en prélude.)

Entre deux verres. Après avoir goûté un premier vin, on vide sa coupe (en buvant, recrachant ou versant ce qui reste dans un récipient destiné à cet usage). Puis, on « avine », c’est-à-dire qu’on verse environ 1 oz du prochain vin à goûter, on remue le verre et on le vide. Ses parois sont ainsi tapissées des arômes du suivant.

La séquence de dégustation. On commence généralement par les blancs, suivis des rosés et des rouges. Les plus jeunes avant les vieux, les secs avant les sucrés, les légers avant les capiteux et les complexes en dernier. Garder celui qu’on présume être le meilleur pour la fin!

Faut-il carafer?
Cette technique peut « choquer » le produit, surtout s’il a de l’âge (le contact avec l’air risque de brutaliser les arômes et l’équilibre). Par contre, elle assouplit les plus jeunes et donne un petit coup de vieux intéressant à leurs arômes. Quant à déboucher la bouteille un peu avant de servir… ça ne donne pas grand-chose, car la surface de contact avec l’air est trop petite.

On mange quoi?
Pour redonner des forces entre deux verres et « nettoyer » les palais, servir des craquelins au goût neutre, des tranches de pain baguette, des morceaux de fromage très doux. Une autre possibilité: renforcer les saveurs de certains vins. Par exemple les cabernets avec des carrés de chocolat noir, les rieslings avec de la pomme. Surtout, ne jamais proposer de mets vinaigrés, épicés, aillés ou fortement salés, qui altéreraient les perceptions. On peut terminer la dégustation par un plateau de fromages et charcuteries, ou un repas simple (plat de pâtes, mijoté).

La température idéale
L’appréciation d’un vin dépend largement de la température de service. Car celle-ci n’a pas un impact uniquement sur notre perception de chaud ou de froid, elle modifie le vin sur plusieurs autres plans. Ainsi, les arômes d’un rouge trop chaud seront masqués par l’alcool ; ceux d’un blanc trop froid figés comme un glaçon. Il faut prévoir la bonne température, soit 14 °C (57 °F) pour les blancs et 16 °C (61 °F) pour les rouges.

De bons verres
Côté vins, j’ai deux maîtres-mots: simplicité et qualité. Côté verres, c’est la même chose. J’aime avoir un seul modèle de verre de bonne qualité. Cela change complètement l’expérience de dégustation. La forme permet d’abord d’aérer le vin avec facilité quand on le fait tourner, puis de concentrer les arômes vers le nez. Si le verre est fin, le vin glissera avec facilité et se déversera au centre
de la langue pour privilégier toutes les zones de perception gustative.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon préféré: Riedel ouverture rouge 12,40 $

 

 

 

 

 

 

 

Passe-partout: Spiegelau à dégustation (expert tasting), 7 $

 

 

 

 

 

 

 

 

Petit budget: INAO 3,30 $

Prix des verres chez vinum design, vinumdesign.com