H&M sur la grande vague verte

Nous sommes 7 milliards d’humains et ce chiffre va grimper à 8,5 milliards d’ici 2030. Tout le monde a besoin de vêtements, mais le hic, c’est que nous n’avons qu’une seule planète. Il devient impératif de modifier nos habitudes de consommation, notamment en matière de mode. Cecilia Brännsten, responsable du développement durable par intérim chez H&M, nous donne ses trucs pour nous impliquer intelligemment.

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Cecilia Brännsten, 40 ans, maman de deux fillettes de 8 et 3 ans. Elle travaille au siège social de H&M à Stockholm depuis près de quinze ans.

Comment vous êtes-vous intéressée à la mode durable? J’ai fait ma thèse de maîtrise sur la responsabilité sociale des entreprises. Quand j’ai débuté chez H&M, je travaillais aux achats et je commandais déjà des tissus bios ou recyclés. Je me suis alors questionnée sur la manière d’en faire plus pour l’environnement. Il y a sept ans, j’ai joint l’équipe du développement durable et j’ai piloté le programme de collecte de vêtements en magasin (NDLR: cette initiative vise à réduire la quantité de vêtements qui finissent dans les dépotoirs. En apportant nos articles textiles désuets dans un point de vente H&M, on aide la compagnie à redistribuer, réparer ou recycler la matière pour refaire de nouveaux produits).

À quel point êtes-vous «verte» dans votre vie perso? J’essaie toujours de faire des choix éthiques. J’entretiens bien mes choses, je recycle, je tente de manger bio et je consomme de l’énergie renouvelable à la maison. Mais je suis loin d’être parfaite…

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Parmi vos gestes quotidiens, lesquels pourraient nous inspirer? Au lieu de prendre la voiture, j’opte pour le vélo le plus souvent possible et je cuisine de plus en plus de plats végétariens pour ma famille.

Par définition, la mode est éphémère. N’est-ce pas utopique de parler de mode durable? On lutte avec cette dualité tous les jours. S’habiller selon les tendances est un moyen d’expression formidable. Mais au lieu de s’en priver, on s’interroge plutôt sur la façon de concevoir des vêtements de bonne qualité, abordables et qui respectent l’environnement. Nous travaillons très fort afin de trouver des solutions pour un système circulaire de production et d’utilisation des textiles qui serait moins dépendant des ressources naturelles. On ne peut plus juste prendre la matière première et la transformer en déchet… On doit pouvoir la réutiliser à l’infini.

C’est à Stockholm que la collection a d’abord été dévoilée aux journalistes mode venus des quatre coins du globe.

Quelle est la part de responsabilité de la consommatrice? À l’échelle individuelle, on peut s’éloigner du modèle de la mode jetable. Avant d’acheter, on réfléchit. En ai-je vraiment besoin? Vais-je vouloir le porter encore dans plusieurs mois/années? Est-ce une confection soignée? De quel matériau est-ce fait et où cela a-t-il été fabriqué? Il faut exiger une certaine transparence des marques et des détaillants desquels on achète. Ensuite, on tente de maximiser l’utilisation de nos pièces. On en prend soin, on les répare au besoin, on les lave à basse température avec des savons peu polluants. Si on s’en lasse, on vise à en prolonger la vie utile en les offrant, en les échangeant ou en les vendant sur des plateformes de style friperie. Ultimement, on rapporte ses vêtements usagés chez H&M, qui se chargera de les recycler.

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