Ronde, et alors?

Le jour où je me suis mise à (vraiment) aimer le sport

Comment fait-on pour, un jour, se mettre à aimer le sport? Pour arriver à comprendre que la remise en forme, ce n’est pas un sprint, mais un marathon? Notre chroniqueuse Joanie Pietracupa raconte.

Joanie-bandeauJe suis une fille à «phases». J’ai eu des phases de pas mal tout, dans ma vie: teindre mes cheveux en rose fuchsia, suivre un (ou plusieurs) régime(s) draconien(s) du genre «je-n’ingère-que-des-aliments-mauves-comme-Mariah-Carey», confectionner mes propres bijoux, apprendre le baladi, découvrir une nouvelle langue, devenir végétalienne, boire une tisane avant de me coucher tous les soirs, me mettre à la peinture à l’huile et beaucoup, beaucoup d’autres. En général, ça ne dure pas très longtemps – d’un jour (j’ai vite découvert que la camomille me rendait malade comme un chien) à six mois, tout au plus (c’est dur sur le portefeuille d’abandonner un cours de danse du ventre quand on a payé d’avance pour la session en entier et qu’on s’est aussi équipée d’une jupette à pièces métalliques à 150 $…).

Jusqu’à l’an passé, j’avais la même relation tordue avec l’activité physique. Je pouvais passer trois semaines à visiter le gym chaque jour pour me défoncer sur la machine elliptique pendant plus d’une heure, puis plus rien. Ou abuser du cours de yoga chaud à petit prix donné à côté de chez moi pendant de nombreux jours, puis plus rien. J’ai aussi essayé le vélo de montagne, la zumba, le ballet barre, l’aquagym, le crossfit et bien plus, avec l’assiduité et la détermination d’une Camille Leblanc-Bazinet, avant de tout abandonner aussi vite que j’ai commencé. Rien pour être très fière, quoi. Un demi-morceau de robot pour ma curiosité et mon effort, sans plus.

Puis, l’été dernier, le déclic. Je ne sais pas trop d’où ça m’est venu, mais c’est arrivé d’un coup, par un beau matin de juin. L’idée que la (re)mise en forme, ce n’est pas un sprint, mais plutôt un long marathon. Que non, je ne suis pas une athlète de calibre olympique – ou un ange de Victoria’s Secret! – qui est obligée de s’entraîner 8 à 10 heures par jour. Mais que je suis une femme «ordinaire» qui a besoin de bouger pour se sentir belle et bien dans sa peau – et dans son corps. À pieds ou sur deux roues, en marchant ou en joggant, dehors ou dans un studio, le matin ou le soir, la semaine ou le week-end… J’ai cessé de voir le sport comme une corvée et j’ai commencé à l’intégrer à ma routine quotidienne, doucement, simplement. J’ai arrêté de me taper sur la tête quand mon horaire m’empêchait de m’entraîner – j’ai redoublé alors d’efforts pour marcher plutôt que prendre le métro ou le bus, pour grimper l’escalier plutôt qu’emprunter l’ascenseur, pour m’étirer et bouger un peu dès que je le peux. Et vous savez quoi? C’est magique: je me sens réellement bien dans ma peau – et dans mon corps. La preuve sous forme de listes (je suis aussi une fille à «listes», mais ça, c’est une autre histoire).

Moi en mode sédentaire:

  • Je suis toujours fatiguée. J’ai l’impression de devoir faire une sieste après avoir fait une sieste, d’avoir besoin de 12 heures de sommeil après avoir fait un marathon Netflix-pizza-Netflix, d’être mûre pour des vacances en revenant de vacances. C’est franchement déprimant – et épuisant.
  • J’ai toujours la batterie à plat. Tel un vieux iPhone, je me «décharge» en moins de deux. L’épuisement physique s’empare de mes jambes après une heure de shopping, je n’arrive pas à jogger plus de deux minutes d’affilée et je suis la première à rentrer me coucher lorsque je sors prendre un verre avec des amis. Ai-je besoin de vous dire qu’en plus d’être vraiment le fun, comme fille de party, je rate tous les bons moments des grandes soirées?
  • Je fais de l’insomnie. Je suis constamment épuisée et pourtant, je n’arrive pas à dormir lorsque je pose ma tête sur l’oreiller. Logique, hein? Aussi, comme j’ai la grande qualité d’être impatiente, je me mets à angoisser dès que je ne dors pas après trois minutes. Insomnie + impatience + angoisse = la meilleure recette pour me réveiller avec des cernes jusqu’au menton. 

Moi super active:

  • J’ai de l’énergie à revendre. Voici enfin l’affirmation que je n’aurais jamais cru dire/écrire de ma vie, moi qui aime tant mon lit: j’arrive à me lever à 7 h presque tous les matins pour aller jogger sur le mont Royal. Je n’ai pas d’explication valable sauf que c’est beau, c’est paisible et, surtout, c’est revigorant. J’y fais le plein d’énergie pour la journée entière, me rendant par le fait même plus productive (et de meilleure humeur), et je dors mieux la nuit venue.
  • Mon corps semble me dire merci. Trop souvent, après avoir passé la journée affalée devant la télé (merci, dimanche d’hiver!), je me lève du sofa et j’entends mon dos/genou/ bras/alouette craquer. Mais comment ai-je pu m’étirer un muscle en ne faisant rien du tout? La réponse est dans la question. Quand je bouge au quotidien – ne serait-ce qu’un peu – mon corps tout entier est plus dégourdi, plus flexible et plus «vivant».
  • Je me sens plus jolie. Oui, je sais. C’est un peu futile. Mais la façon dont je me sens se reflète automatiquement sur ma personnalité, mon humeur, ma joie de vivre. Et le fait de me sentir plus vibrante et plus active, ça me rend profondément heureuse, et donc souriante, et donc belle. Facile, non?

À VOIR: Un entraînement complet en 7 temps

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