Mygale

La raison de le lire : Parce que c’est un livre qui vous reste dans la peau longtemps après l’avoir refermé. Et parce qu’en s’inspirant très librement de Mygale pour son dernier film (La piel que habito, avec Antonio Banderas), le cinéaste espagnol Pedro Almodovar vient de remettre le chef-d’œuvre de Thierry Jonquet au goût du jour.

Le titre : Mygale

 

L’auteur : Thierry Jonquet (1954-2009)

 

L’exergue : Aucune.

 

L’histoire : Mygale est un roman choral, où s’entrechoque le destin de trois hommes et d’une femme : Richard, Eve, Alex et Vincent. Le premier est un chirurgien esthétique dépravé. La deuxième, son esclave sexuelle. Le troisième, un petit braqueur devenu tueur de flic par accident. Le dernier, une proie vivante. Mygale est un roman à clés, qui laisse perplexe jusqu’à la fin. Âmes sensibles s’abstenir.

 

L’univers : Glauque. Dérangeant. Tordu. C’est le récit d’une vengeance sadique, qui se déroule dans un univers pourtant pas si décalé de la réalité.

 

La voix : Le style Jonquet est cent pour cent polar : sec, sans fla-fla et entrecoupé d’envolées lyriques, qui tiennent en haleine jusqu’à la dernière page.

 

Les premières phrases : « Richard Lafargue arpentait d’un pas lent l’allée tapissée de gravier qui menait au mini-étang enchâssé dans le bosquet bordant le mur d’enceinte de la villa. La nuit était claire, une soirée de juillet, le ciel parsemé d’une pluie de scintillements laiteux. Embusqué derrière un bosquet de nénuphars, le couple de cygnes dormait d’un sommeil serein, le cou replié sous l’aile, la femelle, gracile, douillettement blottie contre le corps du mâle. »

 

La raison de le lire : Parce que c’est un livre qui vous reste dans la peau longtemps après l’avoir refermé. Et parce qu’en s’inspirant très librement de Mygale pour son dernier film (La piel que habito, avec Antonio Banderas), le cinéaste espagnol Pedro Almodovar vient de remettre le chef-d’œuvre de Thierry Jonquet au goût du jour.

 

En un mot : Déjanté.

 

Éditeur : Gallimard 1984 – Série Noire – 183 pages.

(Par Luc Bouchard)