Féministe tout compris

Qu’ont en commun les ambitieuses et les féministes?

Il n’y a pas qu’une façon d’être ambitieuse, tout comme il n’y a pas qu’une façon d’être féministe, écrit Marianne Prairie. Mais qu’ont-elles en commun? Notre chroniqueuse a dressé une petite liste de ce que partagent les ambitieuses et les féministes.

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J’ai failli tomber de ma chaise en lisant les résultats du grand sondage sur l’ambition professionnelle féminine mené par la firme Léger pour le compte de Châtelaine et de L’effet A. Les Québécoises sont plus nombreuses que je le croyais à affirmer haut et fort leur désir de se réaliser et d’avoir du succès dans leur carrière. En effet, 73 % des femmes interrogées se sont décrites comme ambitieuses. 73% !! Je ne pensais pas que le mot « ambition » aurait une connotation aussi positive pour la majorité d’entre elles. J’avais présumé qu’il rimait encore avec arrivisme, égoïsme et carriérisme. Eh non! Et tant mieux! #GoAmbition!

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En parcourant tout le dossier, je n’ai pu m’empêcher de remarquer plusieurs ressemblances entre les femmes ambitieuses et les féministes. Cela ne fait pas de ces deux appellations des synonymes (même si, selon le sondage, 6 femmes ambitieuses sur 10 se disent féministes), mais le parallèle est flagrant. Voici donc la liste des points communs que partagent les ambitieuses et les féministes!

feministe tout compris - gif - jimmy fallon - starting now1. Elles voient loin.
Ces femmes sont motivées par l’idée de créer un avenir meilleur, pour elles ou pour leurs consoeurs. Dans l’ambition comme dans le féminisme, je crois bien qu’il y a une bonne part d’idéalisme et de tête de cochon.

2. Elles se sont réapproprié un mot tabou.

Il n’y a pas si longtemps, plusieurs femmes n’osaient pas se décrire comme ambitieuse ou comme féministe tant ces mots étaient perçus de façon négative. On préférait se dire « audacieuse », « humaniste » ou « égalitaire ». Aujourd’hui, elles revendiquent avec aplomb ces qualificatifs qui dérangent encore.

3. Elles se battent contre un système (le même!).
Celui qui fait que malgré la présence et les performances marquées des filles à l’université, seulement 18 % des postes de direction et 37 % des postes de gestionnaires au Québec sont occupés par des femmes. Et ce n’est pas par manque d’intérêt! Les ambitieuses interrogées ont identifié le manque d’opportunités comme étant le premier obstacle à leur progression. Elles se heurtent aux bons vieux boys clubs qui favorisent encore et toujours les hommes. Les féministes ont un autre nom pour ça : patriarcat.

Photo: iStock

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4. Elles ne sont pas toutes pareilles.
Il n’y a pas qu’une façon d’être ambitieuse, tout comme il n’y pas qu’une façon d’être féministe. On peut vouloir devenir PDG d’une grande entreprise ou partir son propre camion de rue. On peut être militante radicale ou chroniqueuse dans un magazine de madames. Imposer des définitions monolithiques de l’ambition ou du féminisme ne fait qu’empêcher les femmes de se sentir concernées par ces mouvements d’émancipation qui sont à leur portée.

5. Elles ne sont pas anti-hommes.
C’est un mythe! Elles demandent simplement les mêmes opportunités professionnelles et les mêmes droits que les hommes. Pas l’éradication du genre masculin. Pas une société matriarcale. Juste l’égalité, OK?

6. Elles sont tannées de se faire dire qu’elles sont exigeantes.
Pourquoi les femmes doivent-elles toujours se justifier quand elles secouent le statu quo pour demander plus et faire mieux? On connaît trop bien ces rengaines déculpabilisantes : « Je suis ambitieuse, mais ma famille n’en souffrira pas » ou « Je suis féministe, mais je brûle pas ma brassière. » Après des siècles à leur demander de s’accommoder de tout et se satisfaire de peu, prenons au sérieux leurs revendications et leurs efforts.

Avez-vous remarqué d’autres points communs entre femmes ambitieuses et féministes?

Pour les autres articles de notre dossier #GoAmbition: chatelaine.com/ambition 

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)