L'édito

La mère de Mégantic

Comment peut-on aider Lac-Mégantic?

Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

« Comment allez-vous ?
– Ça va trop vite ! »

Jointe à 7 h 30 le matin, seule et unique plage libre de sa journée de fou déjà bien entamée, Colette Roy-Laroche est essoufflée, sollicitée de toutes parts (notre appel est entrecoupé toutes les deux minutes), visiblement préoccupée par tout ce qu’elle a à régler dans les heures à venir.

« L’étendue du désastre est incalculable. Chaque jour, ça prend de l’ampleur. »

Ce petit bout de femme de fer, prof pendant 37 ans, mairesse de Lac-Mégantic depuis 11 ans, est devenue du jour au lendemain la femme la plus admirée du Québec. Rien ne la préparait à ce coup de fil qui l’a catapultée en plein drame et en pleine tornade médiatique la nuit du 6 juillet. Comme tout le monde, elle a été épouvantée par l’hécatombe, par les dommages. Au début, certains membres de son entourage ont cru qu’elle allait plier sous le poids des émotions, des responsabilités. Erreur sur la personne. Colette Roy-Laroche fait partie de ceux et celles – on en connaît tous – qui se révèlent dans l’épreuve. « C’est sûr que là, je suis en mode mairesse. Mais je me sens aussi comme la mère de mes citoyens face au deuil, à la souffrance. Ils ont besoin de sentir qu’il y a une maman qui prend soin d’eux. Par contre, face à la situation à gérer, il n’y a pas de doute, je suis la mairesse. Entre les deux, j’essaie de trouver l’équilibre. »

« Je suis très fière des gens de Mégantic. J’admire leur courage, leur façon de vivre ce deuil, cette peine, cette tristesse. Les gens d’ici sont d’une résilience extraordinaire. Ils ont perdu 50 personnes, mais ils se disent : nous, on a la vie, alors retroussons nos manches, et regardons vers l’avenir. »

« Les gens de Lac-Mégantic sont fiers d’elle, ils la serrent dans leurs bras comme si elle était une vedette, comme si elle était leur mère, ils applaudissent sur son passage », explique François Moisan, délégué temporairement par son patron, Régis Labeaume, pour jouer le rôle d’attaché de presse auprès de la mairesse. « Je l’ai côtoyée 16 heures par jour, du matin jusqu’au soir, et je peux vous dire qu’elle travaille sans répit, ne se plaint pas, reste calme. Surtout, elle réfléchit sans arrêt pour trouver des solutions. Elle a son monde dans le sang, elle ne sait pas s’arrêter. J’ai dû la regarder dans le blanc des yeux pour la convaincre de faire une pause. »

Colette Roy-Laroche n’arrête pas parce qu’il y a trop à faire. Aujourd’hui, la municipalité fourmille de bénévoles, de pompiers, d’experts en environnement, de maires solidaires qui font le pèlerinage pour encourager leur consœur. Mais la mairesse, comme tous ceux qui sont aux premières loges pour constater les dégâts, sait que la reconstruction des vies et des lieux va demander beaucoup de moyens, s’étendre sur une très longue période. Sa crainte ? Que l’aide ralentisse, que l’intérêt des médias et de la population s’étiole. Les millions reçus à ce jour, c’est beaucoup. Mais ce n’est pas assez.

« Que peut-on faire pour aider ? »

Si j’ai contacté Colette Roy-Laroche au petit matin, c’est surtout pour lui demander, au nom de l’équipe de Châtelaine et au nom de nos lectrices, comment nous pouvons faire notre part. Avez-vous besoin de bras ? De nourriture ? De sacs à dos remplis de fournitures scolaires ?

Ce sont de bonnes idées, mais la gestion de ce genre d’offre peut s’avérer trop complexe. « Nous avons surtout besoin d’argent ! »

On peut évidemment envoyer nos dons à la Croix-Rouge, qui vient en aide aux familles évacuées, à ceux qui ont tout perdu et qui vivent dans l’incertitude. « Je suis très inquiète pour les gens moins bien nantis parmi les sinistrés… Des femmes, des mamans qui sont davantage affectées. » On peut aussi contribuer au fonds Avenir Lac-Mégantic. « Nous l’avons créé pour parer aux priorités – rebâtir le centre-ville, stimuler le commerce et, bien sûr, soutenir la population », conclut la mairesse. Châtelaine atteint chaque mois presque un million de personnes. Si chacune envoyait un petit deux, un petit dix, imaginez… Je rêve.

Pas envie de donner de l’argent, ou alors c’est déjà fait ? Colette Roy-Laroche nous invite à une virée automnale dans cette magnifique région (voyez notre photoreportage) pour faire du vélo, découvrir les deux parcs nationaux, admirer le festival des couleurs, se payer le spectacle de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic. Comme « don », il n’y a pas plus facile ni plus agréable. C’est un rendez-vous !

 

Comment aider ?
En faisant un don au fonds Avenir Lac-Mégantic (directement sur le site Web ou par téléphone : 1 819 583-2441) ou à la Croix-Rouge et en visitant la région !

 

Des réactions ?
N’hésitez surtout pas à m’écrire !
redaction@chatelaine.rogers.com