Santé

Comment arrêter de fumer?

Trois questions à la mannequin québécoise Anna Bertram, ex-fumeuse.

Comment avez-vous commencé à fumer ?
J’avais 16 ans et je venais de gagner un concours de mannequin. Je me suis retrouvée seule à Paris dans un milieu où tout le monde fumait. Un jour, un photographe m’a offert une cigarette. J’ai eu peur, si je refusais, d’être exclue du groupe et de ne pas avoir l’air branchée ou adulte. Je n’ai pas pensé une seconde que cela créerait une accoutumance. Peu à peu, j’ai commencé à acheter mes propres cigarettes.

Pourquoi avez-vous décidé d’écraser ?
J’étais inquiète de ma santé et de l’apparence de ma peau après 10 ans de tabagisme. Je n’aimais pas non plus ne pas avoir la maîtrise de ma vie. Le moment décisif : ma rencontre avec celui qui est aujourd’hui mon mari. En tant que non-fumeur, il était dérangé par ma dépendance à la cigarette. Nous voulions des enfants – nous avons aujourd’hui deux filles –, et il était hors de question qu’ils grandissent dans un milieu enfumé.

Qu’est-ce qui vous a aidée à arrêter ?
La gomme à mâcher à la menthe et les gâteries que je m’offrais avec l’argent que je ne consacrais plus à la cigarette. Mais surtout pas les campagnes qui tentent de faire peur aux fumeurs. Leurs effets sont pervers : elles les poussent à s’isoler davantage et les découragent. Je crois que j’aurais cessé plus tôt si on m’avait présenté les conséquences positives de cette décision. C’est beaucoup plus motivant. Quelques heures après la dernière cigarette, la pression artérielle redevient normale. Au bout de huit heures, le taux de monoxyde de carbone dans le sang est réduit alors que le taux d’oxygène augmente. Après 48 heures, le risque de crise cardiaque commence déjà à diminuer. Après deux ou trois semaines, la circulation sanguine s’améliore et la capacité pulmonaire fait un bond de 30 %. Bref, à 35 ans, je me sens en meilleure forme qu’à 25 !