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Arrêter de fumer sans grossir. Possible ?

De peur de grossir, bien des femmes ne peuvent se résoudre à renoncer au tabac… Pourtant, cesser de fumer sans engraisser, c’est possible !

Mon amie Danielle passe une grosse commande à son médecin : elle veut cesser de fumer ET perdre 10 kilos. « Dans le passé, mes résolutions n’ont jamais abouti. Cette fois, je suis décidée. » Elle sort du cabinet médical avec une ordonnance de timbres de nicotine, les coordonnées d’une nutritionniste… et quelques doutes quant au succès de l’entreprise.

« Tout chambarder en même temps risque d’en décourager plusieurs », affirme Nadine Bonneville, nutritionniste longtemps associée au Centre d’arrêt du tabac (CAT) d’un CLSC de Québec. « Cela dit, renoncer à la cigarette sans grossir, c’est très faisable ! Toutes les personnes que j’ai aidées au CAT n’avaient pas pris de poids un an après avoir abandonné le tabac. » Pour s’assurer de réussir, toutefois, il faut remplir trois conditions, selon elle.

Quand on cesse de fumer, on doit :

  • Être motivée.
  • Consulter : faire appel à un intervenant du CAT, à une ligne téléphonique de soutien (1 866 j’arrête) ou encore à une nutritionniste.
  • Avoir recours à une aide pharmacologique : timbres de nicotine (avec ou sans gommes et pastilles assorties), antidépresseur Zyban, médicament Champix ou inhalateur de nicotine (non remboursé, contrairement aux produits précédents).

Pourquoi est-ce si difficile de cesser de fumer ?
La volonté flanche principalement à cause de deux pièges.

Première difficulté
La nicotine accélère le métabolisme de base. Autrement dit, une personne qui cesse de fumer brûle moins de calories au repos qu’avant d’avoir renoncé au tabac. Résultat : même sans manger davantage, dire non à la cigarette risque d’arrondir la silhouette si on n’y prend garde !

Solutions
Tant qu’on a recours aux timbres à forte concentration de nicotine, pas de problème, la machine continue à rouler en accéléré. C’est quand l’apport en nicotine diminue, puis cesse, qu’il faut agir, l’astuce consistant à augmenter le métabolisme. Comment ? En bougeant ! On peut faire des exercices aérobiques (marche, natation, etc.), qui compensent le ralentissement du métabolisme en brûlant des calories. Mais le mieux, c’est d’adopter des exercices qui, peu à peu, développeront la masse musculaire. Car plus le corps est musclé, plus le métabolisme au repos dépense de calories. Une alimentation saine est aussi de rigueur.

Deuxième difficulté
Une fois le dernier paquet à la poubelle, tout conspire à provoquer les fringales. D’abord, les aliments ont meilleur goût. Et, comble de cruauté, la zone du cerveau qui régit l’envie de nicotine est celle-là même qui nous fait craquer pour le sucre. Aïe !

Solutions
Nadine Bonneville a toute une liste de trucs pour briser la dépendance orale : garder un bol de crudités à portée, ne pas sauter de repas, boire beaucoup d’eau, modérer la caféine et faire des pauses fréquentes pour réduire le stress. On aimait en griller une dès le retour à la maison ? On fait plutôt jouer de la mu­sique. On s’allumait une cigarette en lisant le journal au salon ? On s’installe ailleurs. Certaines personnes n’arrivent à tenir le coup au début que si elles s’accordent tous les jours une récompense (pas de nourriture !) pour leurs efforts : CD, livre, sortie… Au début, ça coûte cher, mais l’investissement en vaut la peine.

À chacune ses stratégies. Danielle, elle, marche 30 minutes par jour, se sert une version « allégée » de ses aliments préférés et réduit ses portions, sauf pour les fruits et les légumes. « La nutritionniste veut que ma faim soit comblée et que je mange des choses que j’aime. Elle me fait des propositions en conséquence. » Par exemple, si Danielle boit un verre de vin, elle saute le dessert.

Résultat : quatre mois après avoir commencé à appliquer ses résolutions, elle avait perdu 10 kilos. Elle garde le cap depuis et n’a pas retouché à une cigarette.