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Marchez dehors... même l’hiver !

Des sous-vêtements aux mitaines, voici comment vous équiper pour marcher tout l’hiver sans grelotter.

Depuis que le mercure a fléchi, vous vous demandez si vous aurez le courage de marcher à l’extérieur tout l’hiver ? Cela exige certes quelques efforts. Mais si vous vous équipez correctement, vous réaliserez que la marche hivernale peut être une activité fort agréable. Voici quelques conseils qui vous aideront à vous y adonner.

Juste ce qu’il faut de chaleur
Pour avoir du plaisir en marchant, il faut être habillé en fonction de la température, mais aussi de l’exercice que l’on s’apprête à faire. Vous ne marchez que quelques minutes autour de chez vous et votre rythme est plutôt lent ? Habillez-vous chaudement. Comme votre dépense énergétique n’est pas très élevée, vous pouvez supporter des vêtements chauds.

Si vous avez l’intention de marcher d’un bon pas durant une demi-heure, voire une heure, la solution se trouve dans ce que les adeptes du plein air appellent le système multicouche. Comme son nom l’indique, ce système consiste à mettre plusieurs couches de vêtements l’une par-dessus l’autre. Ainsi, on porte toutes les couches au départ. Puis, on enlève une couche lorsqu’on a chaud (après une période de marche rapide, par exemple) et on la remet si on a froid.

« Les gens croient qu’ils ont besoin de vêtements qui les protègent du froid, dit Aurélien Berlo, gérant du magasin Atmosphère à Brossard. Mais quand ils se mettent à bouger, c’est leur propre chaleur corporelle qui, en se transmettant à leurs vêtements, les réchauffe. Pour cette raison, plus ils bougent, moins ils ont besoin de vêtements chauds. En revanche, comme ils transpirent, il faut que leurs vêtements laissent sortir l’humidité. Car si leurs vêtements sont mouillés, ils auront froid. »

Chacune des couches doit être choisie avec soin. Dans tous les cas, oubliez le coton : « Si vous transpirez, ce matériau absorbera l’humidité, dit Aurélien Berlo. À partir de ce moment, vous ne parviendrez plus à vous sentir bien. » Privilégiez plutôt les vêtements faits de fibres synthétiques (polyester ou polypropylène, par exemple). « Elles ont la propriété de laisser passer l’humidité », explique Aurélien Berlo. La laine peut aussi être une bonne solution, car elle reste chaude même lorsqu’elle est mouillée.

D’une couche à l’autre
Le système multicouche est composé de trois ou quatre couches de vêtements. Près du corps, vous porterez un sous-vêtement composé d’un pantalon et d’un haut à manches longues. Il peut être fait d’un matériau synthétique ou de laine mérinos. « Il y a quelques années, les matériaux synthétiques étaient à la mode, dit Aurélien Berlo. Mais maintenant, la laine gagne en popularité. » Selon le spécialiste, elle ne pique pas, peut être lavée et séchée à la machine, et elle ne garde pas les odeurs. Elle a cependant un inconvénient : elle coûte cher, soit environ deux fois plus que les fibres synthétiques.

Sur votre sous-vêtement, vous mettrez un polar ? c’est lui qui vous gardera au chaud. Fait de polyester (quel que soit le nom utilisé, c’est généralement de cette fibre que sont composés les polars), il est léger et sèche rapidement. Son épaisseur doit convenir à la température extérieure ainsi qu’à votre frilosité. « Plus il est épais, plus il y a d’air à l’intérieur, et plus il est chaud », précise Aurélien Berlo. Pour davantage de polyvalence, certaines personnes préféreront avoir deux polars, l’un mince et l’autre épais. Marie-Chantal Fournel, conseillère à Kino-Québec, suggère de porter sur un polar mince à manche longue un polar plus épais sans manches.

Vous préférez porter un chandail de laine ? C’est aussi une bonne solution. « À épaisseur égale, les matériaux synthétiques et la laine procurent sensiblement la même chaleur, dit Aurélien Berlo. Si le polyester est plus populaire que la laine, c’est simplement parce qu’il est plus léger et qu’il sèche plus rapidement. »

En guise de troisième couche, on portera un coupe-vent. « Celui-ci n’est jamais complètement imperméable, dit Aurélien Berlo, car il doit lui aussi permettre au corps de respirer. » La plupart des coupe-vent sont ce qu’on appelle des coquilles dures : destinés à protéger des intempéries, ils sont faits d’une membrane ? la plus populaire est le Gore-Tex ? collée sur du nylon. Certains sont recouverts d’un produit déperlant. « C’est ce qui empêche l’eau de pénétrer dans le tissu », explique Aurélien Berlo. Avec le temps, le traitement perd de son efficacité mais on peut se procurer le produit nécessaire et l’appliquer soi-même.

On trouve aussi sur le marché ce qu’on appelle des coquilles souples. Composés de nylon et d’une substance élastique qui facilite les mouvements, ces coupe-vent sont moins imperméables que les coquilles dures. Mais selon Nadia Renaud, responsable des communications et du marketing à la Fédération québécoise de la marche, elles sont tout de même très efficaces. Aurélien Berlo va même jusqu’à les recommander. « Elles conviennent bien aux personnes qui font de l’exercice », dit-il. À noter : les coquilles souples sont presque deux fois moins chères que les coquilles dures.

Quel que soit le type de coupe-vent que vous choisirez, optez pour un modèle muni de fermetures éclair sous les bras. « Elles sont utiles pour libérer l’humidité et la chaleur », précise Aurélien Berlo. Assurez-vous également que ce vêtement n’est ni trop serré ni trop grand, et qu’il vous permet de bouger facilement.

Vous voilà bien habillée ? Il ne vous reste plus qu’à combiner les différentes couches afin de vous sentir bien en tout temps. « Lorsqu’il fait 10 °C, on peut porter un coupe-vent directement sur son sous-vêtement. Alors qu’à 0 °C, on devra aussi mettre un polar. » C’est au fil de vos randonnées que vous trouverez la formule qui vous convient.

Les pieds au chaud
Dès que vous commencerez à avoir froid aux pieds dans vos souliers de marche ? probablement lorsque le mercure descendra près de zéro ?, il faudra les troquer contre des bottes. Choisissez un modèle qui monte sur la cheville et qui est imperméable ? cela est particulièrement important si vous marchez en ville, où la neige a tendance à se transformer rapidement en un mélange de neige et d’eau glacée.

Vos bottes ne doivent pas être trop chaudes elles non plus. « Si elles le sont, vos pieds deviendront humides, vous aurez froid, et vous risquerez d’avoir des ampoules », prévient Vincent Thibault, conseiller à La Cordée. Évidemment, il est impossible d’avoir des bottes pour toutes les températures. Selon le conseiller, des bottes destinées à une température de -10 °C peuvent être un bon choix pour l’hiver. « Elles sont assez polyvalentes. »

Vos bottes peuvent être en caoutchouc, en cuir ou encore dotées d’une membrane imperméable qui permet au pied de respirer ? on la dit imper-respirante. Quelle botte choisir ? Disons que la botte en caoutchouc convient aux personnes qui marchent durant de courtes périodes alors que les deux autres sont destinées aux marcheurs plus assidus. Autre aspect à prendre en considération : la botte en caoutchouc ne demande aucun entretien, alors que les autres doivent être nettoyées. Si cela n’est pas fait, la botte de cuir finira par s’abîmer alors que celle munie d’une membrane imper-respirante deviendra vite indécrottable.

En faisant votre choix, portez également attention à la semelle. Celle des bottes d’hiver doit être faite d’un caoutchouc souple qui ne durcira pas au froid. « C’est le même principe que les pneus d’hiver, dit Vincent Thibault. Plus la semelle est molle, moins elle est glissante. » Vous désirez sortir aussi quand le sol est glacé ? Procurez-vous des crampons. Ceux destinés à la marche en terrain plat sont fixés à un caoutchouc que l’on place sur la botte à la manière d’une claque. Selon le conseiller, ils font très bien leur travail. S’il y a beaucoup de neige, des guêtres l’empêcheront d’entrer dans vos chaussures.

Enfin, procurez-vous de bonnes chaussettes. Elles seront faites soit d’un matériau synthétique, soit de laine mérinos. Plus le tissu est épais, plus la chaussette est chaude. Pour éviter d’avoir des ampoules, on suggère de mettre deux chaussettes, une très mince d’abord, puis une plus épaisse. « La friction se fait alors entre les deux chaussettes, dit Nadia Renaud, et non entre le pied et la chaussette. »

C’est parti !
Vous êtes prête à partir ? Par temps froid, n’oubliez pas de vous couvrir la tête et le cou ? selon Marie-Chantal Fournel, on perdrait par là jusqu’à 40 % de sa chaleur ? ainsi que les mains. « Lorsque le corps a froid, les vaisseaux sanguins se contractent et le sang se rend moins bien aux extrémités », dit Chantal Daigle, coordonnatrice de l’information pratique au Département de kinésiologie de l’Université de Montréal. « Le risque d’engelure est alors plus grand qu’à l’habitude. »

Entre gants et mitaines, votre cœur balance ? « Les secondes sont plus chaudes, dit Aurélien Berlo. Mais elles font perdre de la dextérité. » Marie-Chantal Fournel propose une solution : les gants recouverts d’une mitaine. Un choix qui permet de s’adapter à différentes températures.

Durant la randonnée, essayez de respirer par le nez. C’est particulièrement important s’il fait froid et qu’il vente. « Comme l’air qui entre par le nez a plus de distance à franchir avant d’arriver aux poumons, il aura le temps de se réchauffer un peu. » Si vous trouvez cela trop difficile, couvrez-vous le nez et la bouche avec un foulard ou une cagoule. Le tissu contribuera lui aussi à réchauffer l’air que vous respirerez.

Enfin, si vous partez pour plus d’une heure, apportez de l’eau ainsi qu’une collation composée de fruits secs et de noix. « L’hiver aussi, on risque de se déshydrater en marchant, dit Nadia Renaud. De plus, à cause du froid, il est important de consommer du gras et des protéines. » Si vous prévoyez vous arrêter en chemin, n’oubliez surtout pas d’apporter un sac à dos dans lequel vous glisserez une boisson chaude et un manteau (à la fois chaud et léger, le duvet est alors à privilégier), histoire de ne pas vous refroidir. Nous vous souhaitons de belles marches hivernales !

 

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