Forme

Mon yoga, ma zénitude

Il y a des modes qui ne s’essoufflent pas. Le yoga est de celles-là. La preuve?? Plus de 25 approches sont enseignées partout au Québec. En voici sept de tous horizons. Namasté!


Il y a des modes qui ne s’essoufflent pas. Le yoga est de celles-là. La preuve?? Plus de 25 approches sont enseignées partout au Québec. En voici sept de tous horizons. Namasté!

En français, yoga se traduit par union. En l’occurrence ici, le mariage du corps détendu et de l’esprit apaisé. Beau projet, non? «Les Occidentaux insistent beaucoup sur les postures, mais c’est bien plus que ça», assure Lyne St-Roch, fondatrice de studios portant son nom à Montréal et à Magog. On s’inscrit souvent à un cours avec l’idée de se mettre en forme?: pour gagner en souplesse, en force, en endurance. «Avec le temps, les gens découvrent une autre dimension?: le bien-être psychique, notamment grâce à la concentration et à la méditation.» Sur le tapis, on oublie tout – même l’envie de se surpasser. «Celles qui ont comme seul objectif la performance ont tendance à dépasser leurs limites et se blessent, précise Lyne St-Roch. L’ego et l’esprit de compétition doivent rester au vestiaire!» Le but, c’est tout de même d’être à l’écoute de son corps… et de sa petite voix intérieure. Omm…

Ashtanga
Trimer dur, dur!
Pratiquer l’Ashtanga, c’est effectuer des enchaînements de postures bien précis. Il en existe six séries exactement et la plupart des cours de base offrent la première. «On commence avec des exercices de respiration, puis on poursuit avec un échauffement de la colonne vertébrale, point de départ de cette approche», dit Allison Ulan, du studio Ashtanga Yoga Montréal.

Après la colonne, on s’attaque aux hanches et aux épaules. Une vingtaine d’asanas (postures) suivent. Évidemment, plus on progresse, plus ils deviennent com­plexes et ardus. La respiration doit
se coordonner aux mouvements, à un rythme de plus en plus rapide. C’est donc assez exigeant. Relaxation et mantras chantés sont les bienvenus après cette grosse dépense d’énergie. Pour qui? Les sportives qui cherchent à gagner force et flexibilité musculaires.

Vinyasa
Danser, bouger, souffler…
Pas moyen d’y échapper?: on va suer. Le yoga Vinyasa est sans doute le plus prenant de tous. Une fois réchauffée, d’inspirations en expirations, on adopte en cadence les diverses positions. On danse presque?! En fin de séance?: étirements au sol, puis relaxation. Rien de tel pour accroître sa vitalité, sa puissance physique et sa souplesse. Pour les débutantes, le Vinyasa peut rappeler l’Ashtanga – il s’en inspire pour quelques asanas. La différence? «Les professeurs créent leur propre routine d’exercices», explique Lyne St-Roch. Le Vinyasa pige quelques trucs ailleurs, comme l’alignement, qui vient de l’Iyengar. Les professeurs des studios Lyne St-Roch y portent une attention particulière. «C’est essentiel, poursuit-elle. Sinon, on s’écrase dans ses postures et on risque de se blesser.» Pour qui? Les filles toniques qui n’aiment pas la routine.

Kripalu
Méditer tout en bougeant
Kripalu veut dire compassion. On le pratique donc pour prendre soin de soi. Et quels bienfaits?: énergie et calme intérieur! Né en Pennsylvanie dans les années 1960, le Kripalu se déroule tout en douceur. «Sa particularité?: le choix d’un thème, par exemple le sourire. D’un cours à l’autre, la séquence d’asanas varie, selon le sujet en vedette», explique Tori Hellrung, professeure formée au Kripalu Center for Yoga and Health, dans le Massachusetts. Maintenues plus longtemps que dans d’autres types de yoga, les postures exigent une grande concentration – une disponibilité mentale, diront certaines. Une belle façon de travailler l’endurance physique. «Cela permet d’explorer sensations physiques et émotives», précise-t-elle. Pour qui? Les surmenées et les anxieuses.

Iyengar
Viser l’équilibre
Précision et rigueur sont les maîtres mots du yoga Iyengar. La base?: le pranayama (respiration yogique) et les asanas exécutés de façon minutieuse. Une séance pour débutants se déroule en trois phases?: positions debout, puis au sol, suivies d’une relaxation guidée. «Après quelques séances, on se tient déjà plus droite et on éprouve moins de petites douleurs au dos», dit Marie-Andrée Morin, cofondatrice du Centre de yoga Iyengar de Montréal, ouvert en 1989. B.K.S. Iyengar, qui vit toujours dans le sud de l’Inde, a créé, à partir du yoga traditionnel, ces séries d’exercices axés sur l’alignement du corps. Pour qui? Celles qui souffrent de raideurs ou qui ont une mauvaise posture.

Yoga au mur
S’étiiiiiirer avec un peu d’aide
Bras et jambes un peu flagada, alors certaines poses de yoga sont difficiles à prendre et… impossibles à tenir. La solution?: se libérer d’une partie de son poids. Comment? Par l’emploi de sangles et d’un mur pour s’appuyer. «Comme on n’a pas à soutenir tout son poids, on peut explorer des postures inversées, comme la tête en bas, qui seraient impossibles autrement pour un débutant», dit Xavier Therrien, de Naada Yoga. Et c’est amusant. Malgré tout, le corps est bel et bien mis à contribution avec ces flexions et ces étirements! En utilisant aussi le traversin, les blocs de bois et les sacs de sable, on travaille en profondeur.  Pour qui? Les aventurières.

Yoga chaud?: Bikram et Moksha
Suer avec sérénité
Pas les moyens d’une retraite dans un ashram? Qu’à cela ne tienne, le yoga chaud recrée le climat indien. Dans le studio, chaleur torride (de 32??°C à 42?°C) et humide?! Après quelques minutes, on sue déjà à grosses gouttes. La température élevée exige une attention soutenue?: l’effort est décuplé. «Il faut parfois quelques séances pour s’habituer à la chaleur», prévient Éric Chatigny, directeur et professeur au studio Moksha Yoga Montréal. Envie d’essayer? Deux choix?: le Bikram et le Moksha. Le premier se pratique à 40?°C – 42?°C?; on y effectue toujours la même routine assez stricte. Le Moksha, exécuté sous la barre des 40?°C, montre davantage de souplesse?: la séquence est conçue chaque fois par le prof et son intensité varie. Dans tous les cas, vigilance?! Contre-indiqués pour certaines conditions physiques (maladies cardio­vasculaires, hyperflexibilité…). On respecte aussi ses limites, la chaleur pouvant donner l’illusion d’être plus flexible qu’on ne l’est réellement. Pour qui? Les téméraires.

Yoga antigravité
Se balancer dans les airs
Question de découvrir de nouvelles sensations, le yoga tête en bas vise dans le mille! Créé par le chorégraphe new-yorkais Christopher Harrison, le yoga antigravité, ou en suspension, gagne en popularité chez nous. Oui, on s’éloigne un peu des asanas traditionnels, mais pourquoi pas?? «Ma pratique puise dans le yoga, le pilates et l’entraînement physique de base», explique Deborah Chalom, propriétaire du Zen Tai Studio. Sanglée et munie d’un hamac, on doit sortir toutes ses réserves de force. S’étirer, garder la pose, accélérer le rythme, puis se relaxer, recroquevillée dans ces larges bandes de tissu?: voilà le b-a ba du yoga antigravité. Pour qui? Les acrobates en herbe.