Santé

Mal d’épaule : mieux comprendre pour mieux guérir

Lorsqu’une douleur persistante à l’épaule s’installe, faire des exercices, c’est bien. Mais la véritable clé, selon un chercheur de l’Université Laval, c’est l’éducation et une attitude positive quant aux possibilités de guérison. 

femme étirement épaule

Photo: Getty Images

Le mal d’épaule – qui touche près de 70 % des gens à un moment ou un autre de leur vie et qui devient persistant dans la moitié des cas – est un véritable enjeu de santé publique, croit le chercheur en sciences cliniques et biomédicales Marc-Olivier Dubé, qui a réalisé un essai clinique dans le cadre de ses études doctorales à l’Université Laval. « La douleur à l’épaule pousse les patients à obtenir des injections, des interventions chirurgicales, et cela finit par coûter cher aux contribuables québécois », note-t-il.

L’étude portait sur 123 patients, dont les deux tiers ont eu à faire différents exercices sous la supervision de spécialistes pendant 12 séances de 30 minutes. Les participants du dernier groupe n’ont reçu, de la part des superviseurs, que des renseignements et des conseils pendant deux rencontres d’une heure. De plus, ils devaient regarder des vidéos éducatives.

Si les exercices n’ont pas été plus efficaces que les séances d’information, Marc-Olivier Dubé insiste sur l’importance de suivre malgré tout le programme recommandé par son physiothérapeute. « Il ne faut pas négliger les exercices. Bien qu’ils ne soulagent pas directement la douleur à l’épaule, ils contribuent au maintien de la forme physique, du tonus musculaire et de l’autonomie. »

Marc-Olivier Dubé souligne l’importance de faire bouger l’épaule sans trop forcer et d’éviter de passer soudainement d’un état de passivité, souvent dû au télétravail et à la protection de l’épaule douloureuse, à une activité exigeante comme pelleter de la neige. Il met aussi en garde contre une dynamique de couple où l’un des partenaires s’efforce de ménager l’autre. « L’épaule est conçue pour le mouvement. Réintégrer des mouvements habituels est fondamental pour la guérison, plutôt que d’éviter de bouger à tout prix. »

Le chercheur et son équipe ont aussi évalué l’attitude des participants. Ceux qui croyaient que leur état allait s’améliorer ont obtenu de meilleurs résultats que les autres. « Je pense qu’expliquer aux patients le rôle qu’ils ont dans l’autogestion de leur douleur, puis essayer de combattre certaines fausses croyances par rapport à cette douleur fait la différence », explique Marc-Olivier Dubé.

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