Santé

Vaginites

« À 24 ans, je fais des vaginites bactériennes à répétition. Les médecins ne semblent pas prendre au sérieux ce problème qui me gâche la vie. »

Trois types de vaginites (infections vaginales) composent 90 % des cas : la vaginose bactérienne, la vaginite à Candida (champignons) et la vaginite à Trichomonas (un parasite). Les 10 % qui restent sont attribuables à un corps étranger (tampon, grains de sable, talc) ou à des douches vaginales, à une allergie au latex des condoms, à une dermatite de contact (due à un nouveau savon, par exemple) ou à une réaction inflammatoire au sperme du partenaire. La cause demeure parfois indéterminée.

Des facteurs génétiques et immunitaires influencent la vulnérabilité aux infections vaginales. Certaines femmes n’en ont jamais, alors que d’autres en ont chaque mois, souvent juste avant les règles : il s’agit presque toujours alors de vaginites à champignons. On estime que de 10 % à 15 % des femmes ont au moins une vaginite par année.

La vaginose bactérienne
C’est la plus fréquente (de 40 % à 50 % des cas). Elle est facile à diagnostiquer car elle entraîne des sécrétions d’une odeur forte et désagréable, souvent exacerbée par les rapports sexuels. Comme l’infection à champignons, elle est causée par la prolifération de bactéries normalement présentes dans le vagin. Elle est plus fréquente chez les femmes actives sexuellement, les utilisatrices de douches vaginales et les fumeuses. Pour la traiter, on prescrit un antibiotique appelé Flagyl. On est rarement atteinte de vaginites bactériennes à répétition.

La vaginite à champignons
Lorsqu’il y a récidive, il s’agit habituellement de vaginites à champignons, qui comptent pour 25 % des cas. Elles sont plus fréquentes chez les femmes génétiquement prédisposées, chez celles qui prennent des antibiotiques ou des contraceptifs oraux, qui sont diabétiques ou dont le système immunitaire est affaibli (les femmes infectées par le VIH, par exemple).

L’infection à champignons se caractérise par des pertes abondantes sans odeur particulière, parfois des douleurs au moment des relations sexuelles (il peut y avoir un léger saignement en cas d’irritation intense) ou une sensation de brûlure à la miction.

En général, cette infection répond bien aux traitements en vente libre de type Canesten (en crème ou en ovules, administrés pendant une période de un à sept jours). Si le partenaire montre quelques symptômes (rougeur et irritation du gland), il peut simplement appliquer un peu de Canesten.

Les récidives fréquentes peuvent être difficiles à soigner. Une culture vaginale permet de déterminer s’il s’agit d’une souche résistante aux médicaments courants ; on peut aussi tenter un traitement qui combat plusieurs souches de Candida, comme Terazol (en ovules ou en crème) ou Diflucan (médicament pris par la bouche). Ce dernier peut être prescrit pour une période prolongée (une dose par semaine pendant six mois) afin de briser le cercle vicieux. Très bien toléré, il est assez efficace contre les souches résistantes.

La vaginite à Trichomonas
Ce type de vaginite représente de 15 % à 20 % des cas. C’est le seul qui soit une ITS (infection transmissible sexuellement) : il est donc essentiel de traiter les deux partenaires au moyen d’antibiotiques. Je vous conseille de prendre rendez-vous dans une clinique spécialisée dans les ITS (par exemple, les cliniques L’Actuel ou L’Alternative, à Montréal).

Allergie
Par ailleurs, pour vous assurer que vous n’êtes pas allergique au sperme de votre partenaire, demandez-lui de porter un condom quelques fois pour voir si cela fait une différence.De même, pour être certaine que vous ne souffrez pas d’une allergie au latex, faites des essais avec un condom qui n’en contient pas.

Louise Lapensée est obstétricienne-gynécologue à l’Hôpital Saint-Luc du CHUM ainsi qu’à la Clinique de fertilité OVO, à Montréal.