Santé

VPH : le point sur le vaccin

Malgré une certaine controverse, le programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) a débuté en septembre dernier dans les écoles du Québec. La vaccination contre le VPH est-elle vraiment utile ? Des spécialistes en débattent encore.


 

Le VPH est l’infection transmissible sexuellement la plus répandue dans le monde. Le virus est si contagieux que 75 % des gens sont infectés au moins une fois dans leur vie. Et comme la plupart d’entre eux n’ont pas de symptômes, ils répandent l’infection sans le savoir.

Les faits
Le virus se transmet par contact cutané, même sans pénétration. Le port du condom ne protège pas totalement non plus : l’infection peut se répandre ailleurs que sur les organes génitaux (dans la bouche, sur la langue ou à l’anus). Ce qui augmente les risques de contagion.

Il existe une centaine de VPH différents. Certains d’entre eux propagent des verrues génitales qu’on appelle des condylomes. Sans être dangereux, ceux-ci peuvent être embarrassants. Plusieurs traitements sont parfois nécessaires pour les faire disparaître. Chaque année, 20 000 Québécois sont contaminés.

D’autres souches sont responsables de presque tous les cancers du col de l’utérus : au Québec, 325 personnes reçoivent ce diagnostic chaque année. Elles sont aussi la cause de lésions précancéreuses, des changements au niveau des cellules qui peuvent dégénérer en cancer.

Un vaccin controversé
Les détracteurs du vaccin lui reprochent de ne cibler que quatre souches du VPH, alors qu’il en existe une centaine. Et ils ont raison. Même si le vaccin immunise contre les souches 6 et 11 responsables de 90 % des verrues génitales et qu’il protège contre les souches 16 et 18, impliquées dans 70 % des cancers du col, 30 % de ces cancers échappent encore à la protection du vaccin.

Qui ne doit pas être vacciné?
Les femmes enceintes ou celles qui souffrent de maladies du sang ou d’un dérèglement du système immunitaire ne doivent pas se faire vacciner. Le vaccin n’est proposé qu’aux filles, car rien ne démontre qu’il protège les garçons ou les empêche de transmettre le virus.

De son côté, le New England Journal of Medicine, un des principaux journaux médicaux au monde, soulève une hypothèse inquiétante : le vaccin pourrait empêcher le système immunitaire de lutter contre les autres souches de VPH susceptibles de causer un cancer et dont la vaccination ne protège pas. En effet, il ne faut pas oublier que bien souvent, les personnes infectées par le VPH se débarrassent naturellement du virus.

Pourquoi vacciner les filles à l’école?
Malgré tout, le ministère de la Santé lance dans les écoles une campagne de vaccination gratuite pour les jeunes filles de moins de 18 ans. En ce moment, les recherches indiquent que c’est entre l’âge de 9 et 11 ans que la réponse du système immunitaire est la meilleure. De plus, administrer le vaccin avant le début des relations sexuelles augmenterait son efficacité.

La vaccination se déroulera en trois temps : deux doses administrées en 4e année du primaire et une troisième offerte en 3e secondaire. Une lettre est envoyée aux parents, pour qu’ils donnent leur accord.

La protection offerte par le vaccin dure au moins six ans. Et ensuite ? On ne sait pas. Partout dans le monde, des chercheurs évaluent la protection à plus long terme. Si nécessaire, une dose de rappel sera administrée plus tard, pour maintenir la protection.

Actuellement, le vaccin est également offert aux femmes de 18 à 26 ans, mais pas gratuitement. Elles doivent se le procurer en pharmacie, au coût de 516 $ pour les trois doses, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Le mieux, c’est de demander conseil à son médecin.

Effets secondaires
Le vaccin contre le VPH comporte peu d’effets secondaires. Une rougeur, une sensibilité ou un gonflement au site de l’injection sont les réactions les plus fréquentes. D’autres malaises, comme de la fièvre et des maux de tête, peuvent se manifester.

Pour plus d’information : Ministère de la Santé et des services sociaux .