Société

Ces fonceuses qui imposent le respect : Tania Ferreira

Cette ancienne athlète olympique est allée au front pour soigner les personnes âgées atteintes de la COVID-19. En tant que bénévole.

Une héroïne anonyme. C’est ce qu’a été Tania Ferreira pendant quelques semaines au printemps 2020, au plus fort de la première vague de la COVID-19. Cette masso-kinésithérapeute était en chômage en raison des mesures de confinement décrétées par le gouvernement.

« Je ne pouvais pas rester les bras croisés, ce n’est pas dans ma nature », dit cette ex-athlète qui a représenté le Brésil au judo aux Jeux olympiques de 2000 à Sydney, en Australie. À l’appel du gouvernement, elle se porte donc volontaire pour être préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD. Et pas n’importe lequel. Le CHSLD de la Rive, à Laval, où 44 % des 94 résidents sont décédés. Le pire bilan au Québec.

Ses deux premiers quarts de travail se déroulent dans une zone chaude : seulement 2 préposées pour 15 résidents infectés. « Les proches n’avaient pas le droit d’être là. Quand je m’approchais des malades pour les nourrir, ils prenaient ma main et la serraient très fort », raconte-t-elle. Certains commencent à présenter des symptômes l’après-midi et meurent dès le lendemain. A-t-elle eu peur ? « Oui, lorsqu’on voit la force du virus, on est effrayé. Mais on continue malgré tout », dit la femme de 46 ans, installée au Québec depuis une douzaine d’années.

Après trois semaines, alors que la fatigue gagne Tania Ferreira, un homme souffrant de démence tente de l’embrasser et déplace son masque et sa visière. Elle attrape le coronavirus – un test le confirmera.

Durement touchée, elle a des symptômes gastro-intestinaux et dort 20 heures par jour. Elle en a gardé des séquelles : des mois plus tard, une fatigue persistante l’empêche encore de reprendre son boulot de masso-kinésithérapeute à temps plein. Elle travaille désormais à temps partiel.

« Je viens d’une culture où l’on ne peut pas être bien si les autres autour de soi ne le sont pas », dit-elle, assise dans sa cour, masquée et à bonne distance. Referait-elle la même chose ? « Oui », répond-elle, calme et posée. Aucun doute sur son visage. Une vraie héroïne.