Société

COVID-19 : 30% des Canadiens en situation financière précaire

L’inquiétude financière gagne la population, révèle un sondage Angus-Reid.

Photo: istock.com / Diego Cervo

Près des deux tiers des ménages canadiens sont déjà touchés par une perte d’emploi – ou prévoient l’être – en raison de la pandémie de COVID-19. Et ils craignent de ne pouvoir payer leur loyer ou leur hypothèque à temps, selon un récent sondage Angus Reid, dont les résultats ont été rendus publics le 25 mars.

Ce sondage est publié au moment où les difficultés économiques causées par les mesures de confinement et les fermetures d’entreprises semblent inévitables pour bien des Canadiens. Partout au pays, des employeurs ont mis à pied des milliers de travailleurs, dans un vaste effort collectif pour freiner la propagation du virus. À la ville de Québec seulement, 2000 employés municipaux ont déjà été mis à pied. Selon Global News, 929 000 Canadiens avaient rempli un formulaire de demande d’assurance-emploi, au cours de la semaine du 16 au 20 mars.

Au Québec, un sondage CROP publié dans La Presse, indique de son côté que 85% de la population se dit très ou assez inquiète des conséquences économiques causées par la pandémie.

La crise touche particulièrement les jeunes travailleurs et ceux dont la situation financière est plus difficile. En effet, 45% des travailleurs canadiens âgés de 18 à 24 ans ont déjà été mis à pied ou ont vu leurs heures de travail réduites; 30% des 25-34 ans et 22% des 45-54 ans sont dans la même situation.

C’est l’Alberta qui encaisse les coups les plus brutaux. L’effondrement des prix du pétrole avait déjà sérieusement mis à mal l’économie de la province, tant et si bien que dans 50% des ménages albertains, au moins une personne a perdu son emploi ou a vu ses heures de travail réduites. C’est 42% en Colombie-Britannique et 44% en Ontario.

«Nous voyons en ce moment les premiers effets du choc économique causé par la pandémie de COVID-19. Or, ce que ces chiffres révèlent aussi, ce sont les jours sombres qui nous attendent par la suite», dit Shachi Kurl, premier directeur chez Angus Reid.

Ce dernier fait par exemple référence à une forte hausse de l’anxiété des Canadiens en rapport avec leur capacité d’acheter des aliments de qualité, de payer leur maison ou de faire face à des dépenses inattendues. Aujourd’hui, 25% des Canadiens estiment qu’ils ne pourraient faire face à un imprévu financier. Ils étaient 14% à penser la même chose en juin 2018.

Le sondage, réalisé en ligne du 20 au 23 mars, révèle également que plus de la moitié des Canadiens qui ont fait une demande au programme d’urgence d’assurance emploi déclarent que l’expérience a été compliquée et qu’ils n’ont toujours pas reçu d’aide financière.

Enfin, bien que personne ne sache combien de temps les mesures d’urgences liées à la COVID-19 seront en vigueur, environ la moitié des répondants se sont dit confiants de retrouver leur emploi une fois la crise passée. Toutefois, une personne sur cinq croit plutôt que leur emploi est perdu pour de bon.

Cet article a été publié en version originale anglaise sur le site de Maclean’s.