Entrevues

Ce que Jean-François Mercier a appris

L'humour peut faire changer les choses!

Humoriste, scénariste, auteur, Jean-François Mercier aime provoquer. Et croit dur comme fer que l’humour peut faire changer les choses.

 

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Les opportunités sont comme les chevreuils.
C’est pas parce que t’en as pas vu qu’il y en a pas qui sont passés à côté de toi. Le succès comporte une part de chance beaucoup plus importante qu’on veut l’admettre. Après, bien sûr, il faut travailler fort et « livrer la marchandise ».


Les femmes veulent changer les gars, les gars prennent les femmes comme elles sont.
Un gars rencontre une fille. Chacun a, disons, huit exigences envers un conjoint ; et chacun répond à six des exigences de l’autre. « Pas pire, se dit le gars. Je vais m’accommoder. » La fille, elle, juge qu’il lui reste deux points majeurs à changer chez son chum ! Quand j’étais en couple, ma priorité, c’était que ma femme soit heureuse. Parce que si elle ne l’est pas, elle ne me laissera pas l’être non plus…


Nos pires conneries créent nos meilleurs souvenirs.
Et nos meilleures histoires. Elles commencent toutes par « Te souviens-tu quand… » Alors, des fois, il faut faire des bêtises. Après tout, on n’a qu’une vie à vivre. En tout cas, c’est ce que je me dis chaque fois que je m’apprête à faire une folie.


Dans la vie, il n’y a pas de ligne par terre.
Il est rare qu’on hésite entre battre une petite vieille et aller s’acheter un cornet. Alors, comment savoir quand on dépasse les bornes ? La limite n’est tracée nulle part. Et en plus elle bouge. Mon travail d’artiste consiste à la trouver. Et la seule façon, c’est de la dépasser.


L’humour est un des rares moyens de faire évoluer les mentalités.
Débattre, ça ne change pas grand-chose : chacun reste généralement campé sur ses positions. L’humour, plus insidieux, te sort de ton confort, amène une réflexion sans faire la morale. La provocation, je ne l’ai pas choisie, elle s’est imposée à moi. Certains me prennent au premier degré ? Je n’y peux rien. Pas plus que le journaliste qui fait un reportage pour dénoncer le néonazisme et qui, sans le vouloir, amène des jeunes au fascisme.


La démocratie n’existe pas.
En 2011, j’ai été candidat indépendant [aux élections fédérales, dans Borduas-Chambly]. J’ai découvert toutes les barrières qui se dressent devant le citoyen qui veut s’impliquer. Tu veux faire du bénévolat pour un parti ? Parfait. Mais si tu te présentes, tu découvres des petites personnes prêtes à toutes les mesquineries pour avoir des votes. Les gouvernements légifèrent pour plaire aux lobbys. Le citoyen est exclu de tout ça. Ton député ne fait rien pour toi.


Avoir raison, ça ne sert à rien.
Dans notre société, la perception est plus importante que la vérité. Un exemple : j’ai fait un
Bye Bye que des gens ont perçu comme raciste. Je ne suis pas raciste. Je me suis excusé quand même. C’était un moindre mal. Et puis, ce n’est pas grave.


L’amour ne suffit pas.
J’ai vécu une grosse peine d’amour dernièrement. C’était un amour extrêmement fort, une passion dévorante. Mais c’est fini. Parce que ça ne peut pas fonctionner même si on s’aime. La passion est faite de grands hauts et de grands bas. Le bonheur, lui, de petits hauts et de petits bas. À un moment donné, il faut choisir le bonheur.


La culture peut changer ta vie.
J’avais 14 ans quand j’ai lu 1984, de George Orwell. Ce roman a bouleversé ma compréhension du monde. Comme L’étranger, d’Albert Camus. Des essais sur les mêmes sujets n’auraient pas du tout eu le même impact.


Il faut mettre le rideau de douche à l’intérieur de la baignoire.
C’est vraiment important. Ah oui, et aussi, quand on a une cuisinière au gaz, il faut toujours faire fonctionner le ventilo. Sinon le détecteur de fumée se déclenche…