Entrevues

Josée di Stasio, animatrice, chroniqueuse, auteure

Par Sophie Durocher

Quand Josée parle, même le basilic écoute.

Celle qu’on a surnommée la papesse de la bonne cuisine au Québec a donné envie à la moitié de la province de se préparer des repas simples, savoureux et beaux à croquer. Dire que la di Stasio a influencé notre façon de concevoir la cuisine, c’est comme affirmer que Janette Bertrand a influencé notre façon de concevoir les relations hommes-femmes : c’est un euphémisme.

Si Josée di Stasio utilise un ingrédient original, celui-ci est en rupture de stock dans les jours qui suivent dans les épiceries fines. Quand elle lance un livre de pasta, tous les chefs du dimanche transforment leur cuisine en véritable trattoria. Ses émissions de télé sont abonnées aux Gémeaux, ses livres sont des best-sellers, ses DVD se retrouvent dans tous les bas de Noël du Québec.

Le cinéaste Jean-Claude Lauzon a déjà dit que la seule utilité d’avoir une cuisine dans sa maison, c’était de pouvoir disposer d’un comptoir sur lequel faire l’amour. S’il avait connu Josée di Stasio, il aurait trouvé mille autres choses sensuelles à faire à côté de son frigo.

Josée nous a prouvé qu’elle était capable de convertir un peuple de mangeurs de steak/patates en un peuple d’amateurs de verrines à la pistache et au pamplemousse. Alors imaginez si elle se lançait dans une campagne pour améliorer la qualité de la nourriture servie dans nos écoles, comme l’a fait le chef Jamie Oliver en Grande-Bretagne… Ce jour-là, les commissions scolaires de la province se mettraient à trembler.

 

Par Sophie Faucher

Je la regarde. Elle est à l’image de la cuisine qu’elle propose : simple, sans prétention, fine, délicate, alliant la fraîcheur du terroir et la subtilité des saveurs les plus raffinées, offrant le goût du vrai au piquant de l’audace sans trace d’amertume, jamais.

Quand elle goûte et dit « c’est bon », on la croit. Parce que c’est elle et qu’elle ne triche pas.

Elle possède la lumière des ciels de Toscane et si vous voulez percer son mystère, je vous conseille l’exercice suivant : 1) prononcez son nom à voix haute ; 2) appuyez sur le di ; 3) répandez-vous légèrement sur le Sta et laissez tomber en douceur le « sio », final pianissimodi Stasio… Ça y est. Vous voilà dans l’extase ! Un pur délice, à son image.