Entrevues

Les femmes et les enfants d'abord!

Les employées derrière la Fondation du Dr Julien.

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De gauche à droite: Hélène Sioui-Trudel, le Dr Julien,
Annick Quesnel-Bolduc et Julie Desharnais.

Tout le Québec connaît le Dr Gilles Julien, mais le père de la pédiatrie sociale ne pourrait pas faire grand-chose sans son équipe. « J’ai longtemps été le seul homme dans l’organisation ! » lance le fondateur de deux centres de pédiatrie sociale dans deux quartiers parmi les plus défavorisés de Montréal, Hochelaga-Maisonneuve et Côte-des-Neiges. Aujourd’hui encore, 44 des 55 employés de la Fondation sont des femmes : elles sont au financement, à la gestion, à la haute direction. Le bon docteur se trouve bien chanceux. « J’apprécie leur intuition, leur grande capacité d’écoute et leur fidélité, dit-il. Quand elles s’engagent, c’est pour longtemps. » Nous avons rencontré trois de ces perles.

Hélène Sioui-Trudel, 53 ans
Avocate, directrice du volet Alliance Droit Santé depuis 2011

« Avant d’intégrer l’équipe de mon chum [elle est mariée au Dr Julien depuis 22 ans], je travaillais auprès des femmes autochtones. On soutenait deux causes intenses. J’étais toujours partie : en Alberta, à la baie James… Quand je rentrais à la maison, j’avais plein de choses à raconter, mais lui n’avait plus d’oreilles ! Aujourd’hui, nous œuvrons tous les deux pour le bien-être des enfants défavorisés. Gilles s’occupe de médecine, et moi, je veille au respect de leurs droits fondamentaux : naître et grandir en santé, être protégés, éduqués… Je sers de médiatrice. C’est parfois difficile, mais on a l’appui des CLSC, des écoles, des centres jeunesse. Il y a 20 ans, on pleurait quand on parlait des enfants défavorisés. Aujourd’hui, on a de l’espoir. »

Annick Quesnel-Bolduc, 29 ans
Travailleuse sociale au centre Assistance d’enfants en difficulté (Hochelaga-Maisonneuve) depuis 2007

« Quand j’ai fait mon baccalauréat en travail social, nous étions beaucoup dans la théorie. Ici, on est sur le terrain et j’apprends tous les jours. Nos locaux sont au cœur même du quartier. On vit avec les familles, tout près. Nous sommes toute une équipe autour d’elles. Médecins, travailleuses sociales, psychoéducatrices, art-thérapeutes, tout le monde est au même endroit. Mon énergie, je la prends chez les gens que je côtoie. Quand je rencontre des enfants, des parents, j’essaie de vivre le moment présent, d’être vraiment avec eux. On est ensemble, on partage, chacun y met du sien. Dans ce domaine, on se donne beaucoup ; c’est quand même important de ne pas s’oublier. Alors je prends soin de moi au quotidien de plein de façons. »

Julie Desharnais, 41 ans
Directrice des deux maisons de pédiatrie sociale depuis 2007

« J’ai toujours désiré un emploi dans un domaine qui me tiendrait à cœur. À 20 ans, pendant mes études, je travaillais dans un CLSC du centre-ville. Puis, j’ai été embauchée par le CSSS Lucille-Teasdale, qui me “prête” à la Fondation. Les plus démunis n’ont pas la vie facile et ce n’est pas leur faute. C’est notre responsabilité de les aider. Ce n’est pas normal que, dans un quartier comme Hochelaga-Maisonneuve, deux enfants sur trois ne soient pas prêts à entrer à l’école quand vient le temps. Comment être surpris du taux de décrochage ? En pédiatrie sociale, on essaie d’arriver à un changement à long terme. Nous devons nous occuper des gens qui composent notre société. »