Entrevues

Pascale Bussières, comédienne

J’étais excitée, et légèrement angoissée, de commencer le tournage de mon film La capture avec Pascale.

La scène était difficile à réaliser. Mon caméraman Daniel Jobin et moi-même étions couchés sous une table de cuisine dans une position très inconfortable. Nous filmions les jambes de Pascale et celles de son partenaire qui la violentait devant leurs enfants.

J’étais fascinée : ses très belles jambes exprimaient la progression de la scène avec une précision, jusqu’au bout des orteils, digne d’une grande danseuse.

Pascale m’a permis de réaliser une des meilleures scènes du film.

Je n’ai jamais eu besoin de lui expliquer le sens d’une séquence. Elle fait ressentir les choses par la peau et pas seulement par les mots. Essayer d’analyser me paraissait réducteur avec elle. Les intentions de son jeu semblaient venir d’une nécessité intérieure qui venait chercher la mienne. J’étais aux anges !

C’est une actrice virtuose.

Son regard et sa voix diffusent une tristesse et une infinie douceur, mais on la sent capable de basculer dans le contraire, jusqu’au trash.

Son sourire… une étincelle !

Pascale a une force rayonnante et une grâce érotique qui nous éblouissent dans la vie comme à l’écran, et on dirait qu’elle se fiche de sa beauté, ce qui la rend encore plus belle. Elle est très intelligente, parle toujours de manière émouvante et franche de ses enfants, de ses amours et de son métier, qui a fait d’elle une grande comédienne. À l’écran comme sur scène, elle n’a peur de rien.

C’est une interprète au sens quasi musical du terme, qui épouse avec souplesse le regard des cinéastes québécois et étrangers. Loin de se cacher derrière un masque de star, c’est une magnifique star que tout le monde adore qui sera aussi scénariste et cinéaste dans un avenir rapproché. Nous ne serons pas déçus.