Entrevues

Renée-Claude Brazeau, scénariste, productrice

Dès notre première rencontre, en 2000, un soir de première, après avoir échangé quelques mots, j’ai immédiatement su que Renée-Claude était ma sœur cosmique.

Ce qui me fascine chez elle, c’est son code d’éthique et sa discipline. Pour La galère, elle peut refaire le texte 13 fois jusqu’à ce qu’elle le trouve impeccable. Quitte à se réveiller à 3 h du matin. Sa carrière, c’est vraiment le résultat d’un travail acharné de longue haleine. C’est une fille de l’ancienne école. Elle croit à la montée des échelons, lentement mais sûrement.

Elle a commencé comme recherchiste pour Claire Lamarche – où elle était na-turellement la meilleure. Ensuite, elle a travaillé avec Paul Arcand. C’est très intimidant parce que Paul, on s’entend, doesn’t take anything but the best. À l’époque où elle vivait seule avec son fils Cédric, qui a aujourd’hui 20 ans, elle l’amenait en studio à 4 h du matin. Tous les patrons de CKAC en parlent encore ! Ils lui avaient installé un petit matelas dans la salle des recherchistes afin qu’elle puisse faire ses chroniques…

Pour Renée-Claude, le travail, c’est le travail, on ne joue pas avec ça. Comme je suis un peu plus paresseuse de nature que la Brazeau, quand ça ne me tente pas, elle me dit : « Varda, le travail c’est la fierté d’une femme. » La preuve, c’est qu’elle est aujourd’hui une brillante auteure à succès et une productrice extraordinaire.

Renée-Claude n’arrête jamais. C’est une machine. Elle a quatre enfants. En visite chez elle, je ris tout le temps. Il y a des chèques qui traînent sur la table, le petit dernier qui se met de la terre dans la bouche, sa grande qui fait des partys de filles. La galère, c’est sa vie. Et c’est Renée-Claude.