Entrevues

Une journée en compagnie de Josée Lavigueur

Dans l’univers de Josée Lavigueur, la santé est souveraine. Et la vie n’a rien de compliqué !

Cette manière de voir la vie lui procure des plaisirs sains et des bonheurs tout simples : bouger – elle fait danser le Québec depuis 20 ans avec ses cours d’aérobique – et voir fleurir sa famille, ses amitiés, son jardin secret. En somme, l’équilibre.

Châtelaine l’a suivie dans ses activités pendant une journée. Tout sourire, elle nous a ouvert les portes de sa maison remplie de lumière et de dessins d’enfants. Les conseils, les réflexions et les principes de vie de la blonde sportive ont de quoi inspirer. On ne s’étonnera pas que les enseignements qu’elle transmet dans ses cours, ses chroniques et ses DVD aient autant de portée.

La danse aérobique, pour moi, c’est le bonheur. J’ai commencé à en faire par un concours de circonstances. J’ai grandi dans le monde de la danse – classique, comédie musicale, jazz, claquettes. En 1986, j’ai décidé d’étudier en éducation physique. À la mi-session, une copine m’a proposé d’essayer la danse aérobique. Je suis tombée dedans.

J’ai toujours aimé l’anatomie et la physiologie mais aussi être avec du monde. Enseigner me permet d’aider les gens à améliorer leur santé et leur condition physique. Je les corrige, je réponds à leurs questions et j’ai du fun ! J’ai la chance de faire un travail qui me passionne.

Adolescente, je rêvais de danser toute ma vie durant – j’ai fait 10 ans de danse classique –, mais je ne pensais jamais que ça se réaliserait. Je gagne ma vie en bougeant et en donnant aux autres le goût de bouger. C’est merveilleux. Quand je vais donner mes cours, je ne considère pas ça comme un travail. Mon travail, c’est tout le reste : mes chroniques à Salut Bonjour (TVA) et au Journal de Montréal, mon rôle de porte-parole – Énergie Cardio et Le Commensal – et mes autres projets (une émission de télé et un livre en chantier de même qu’un DVD à fignoler).

Au Québec, on n’a pas encore saisi toute l’importance de l’activité physique. Au Japon, c’est tout le contraire. Là-bas, les cours d’éducation physique – de trois à quatre heures par semaine – sont obligatoires. Le gouvernement japonais a compris : des jeunes actifs apprennent mieux et sont en meilleure santé. Au final, il en coûtera moins cher à la société pour les soigner.

En 2006, le gouvernement Charest a donné un signe d’ouverture en ce sens en proposant aux écoles québécoises de consacrer deux heures par semaine aux cours d’éducation physique et à la santé. Le problème, c’est que cette mesure n’est pas obligatoire. À chaque commission scolaire de l’appliquer comme bon lui semble. Or, l’apprentissage est un phénomène physiologique qui nécessite un temps de récupération. Ce temps de récupération, s’il est actif, renforce l’apprentissage. Un enfant qui court pendant la récréation sera beaucoup plus apte à apprendre de retour en classe.

On constate aujourd’hui les effets néfastes du manque d’activité physique. Des enfants sont aux prises avec du diabète de type 2, un taux élevé de cholestérol, des problèmes de dos et de l’obésité. On commence à peine à réagir. Des écoles demandent l’aide du gouvernement ou font des collectes pour revitaliser leur cour. Il faut laisser les enfants jouer, grimper aux arbres, courir, rouler. C’est ce qui fait des jeunes en santé.

Les enfants qui développent le goût de bouger pendant le primaire vont continuer à le faire une fois devenus grands. Parce que l’activité physique, c’est comme une drogue : ça crée un besoin.

Il faut mettre la famille dans le coup. Tout part de la maison. Les parents sont en effet des modèles pour les enfants. Je me souviens que, quand j’étais petite, on allait skier en famille. J’ai voulu faire de même. Quand mes filles Sarah et Léanne étaient bébés, on les installait dans une poussette double et on partait courir. Très tôt, elles ont réalisé que l’activité physique était importante pour nous. Puis, on a commencé à faire du ski et du vélo avec elles. On aime aussi beaucoup faire des randonnées et des pique-niques au mont Saint-Hilaire.

D’ailleurs, la famille prend toute la place dans ma vie. J’aurais beau essayer d’être indépendante, je ne serais pas authentique. J’organise mon horaire autour de celui de ma famille. C’est sûr qu’il y a des exceptions, des engagements auxquels je tiens, qui vont demander de gros compromis. Ma première pensée va toujours à ma famille, mais j’arrive à faire les choses dont j’ai envie.

Du temps en couple, c’est important aussi. Aller souper avec Normand, mon chum : on parle de tout et de rien, on souffle un peu. Les vacances. Cet été, on échange notre maison contre une autre outre-mer. Des Français s’installent chez nous et nous allons chez eux, à Saint-Palais-sur-Mer, près de Bordeaux.

Si j’ai le goût d’une vraie détente, je m’offre un massage ou une journée au spa. Et comme je suis très « crème », ça me prend beaucoup de temps, matin et soir. Mon chum trouve que c’est de plus en plus long ! Je n’achète pas nécessairement les crèmes les plus chères. Alors, je m’informe sur les effets supposés, pourquoi une telle coûte 95 $ et une autre 25 $…

J’adore lire. En vacances, j’emporte toujours un livre, le plus souvent un roman policier. Une autre façon de me détendre, c’est de jouer dans mes photos, d’organiser les souvenirs. Les filles ont chacune un petit album avec des notes. C’est précieux de prendre ce temps. Une autre chose qui me fait plaisir : faire des montages vidéo. Une fois par semaine, je branche ma caméra, m’installe à l’ordi et fais des petits montages avec ce que j’ai filmé récemment.

Les cours que je donne – depuis plus de 20 ans – me permettent aussi de décrocher. Je le fais vraiment pour moi, parce que ça me fait du bien, parce que mes étudiantes, qui sont devenues des amies au fil du temps, sont là et qu’on a du plaisir à être ensemble. C’est notre soirée de filles. Je ne pourrais plus m’en passer. Le seul moment où j’ai failli mettre ça de côté, c’est quand mes filles sont nées. Je me disais : « Tu peux pas partir deux soirs par semaine, quelle mère indigne ! » Finalement, j’ai continué : une des meilleures décisions de ma vie. C’est quelque chose qui m’appartient et qui me permet d’être en meilleure forme, d’avoir plus d’énergie pour m’occuper des filles.

Mes relations avec les autres sont très importantes, positives et enrichissantes. Elles m’apportent beaucoup et je donne également beaucoup en échange. Mais je demeure discrète. C’est rare que je vais me lancer dans des détails intimes. J’aime beaucoup écouter les gens, j’adore rire. C’est un critère important dans ma vie et dans le choix de mes amis.

Mes amis ne viennent pas du milieu des communications. Le travail, les amies, la famille, ce sont des sphères très distinctes.

Quand on m’aborde dans la rue, j’ai souvent une réaction de surprise. En même temps, je suis flattée.
Le secret pour être bien dans mon corps et dans ma tête : l’équilibre. En tout : dans l’alimentation – on ne peut pas toujours se priver de dessert –, dans l’activité physique, entre le travail, l’ordi, la télé, les jeux dehors, les moments de créativité. Je dirais aussi la simplicité, l’art de ne pas compliquer les choses. Au fond, la vie n’est pas compliquée. On est tout le temps en train de s’en faire pour l’avenir. Il faut faire confiance à la vie, à son instinct.

Trois raisons de bouger, selon Josée

1. S’aimer mieux. L’activité physique rehausse l’estime de soi, aide à se sentir mieux dans sa peau et à avoir plus d’énergie. L’effet est immédiat. Pas besoin de ressembler à la couverture d’un magazine de mode. Quand on se sent en forme, on sourit davantage. Et on récolte, par le fait même, des compliments.

2. Garder son corps jeune. Les femmes ont intérêt à saisir toute l’importance de faire de la musculation. Dès la trentaine, le métabolisme de base ralentit. On peut perdre jusqu’à 0,25 kg de muscle par année (qui se transforme en gras). Moins on a de masse musculaire, plus le métabolisme de base ralentit. Parce que le muscle est une fournaise qui brûle de l’énergie. Voilà pourquoi il est essentiel d’entretenir ses muscles. Les femmes craignent encore de faire de la musculation, de peur d’avoir de trop gros bras. Parce qu’elle n’a pas assez de testostérone, il est extrêmement rare qu’une femme prenne de la masse. Les muscles vont plutôt se tonifier et être mieux découpés.

3. Tonifier son cœur. Les femmes ont de plus en plus de problèmes cardiaques parce qu’elles ne font pas attention à la santé de leur cœur. Deux femmes sur trois présentent un ou plusieurs des principaux facteurs de risque des troubles cardiovasculaires (taux de cholestérol élevé, hypertension, diabète de type 2, obésité abdominale). C’est la principale cause de décès chez les femmes de plus de 55 ans. En fait, les femmes courent 10 fois plus de risques d’en mourir que de n’importe quelle autre maladie.

Vive les collations !
Une solution pour être en forme : manger souvent de petites portions au lieu de gros repas. Quand je donne mes cours du soir, je prends une collation vers 16 h – bagel, soupe, muffin, fromage, noix et fruits séchés, bol de céréales…

La soupe est mon aliment fétiche. On en raffole tous à la maison. Ce qui est génial, c’est qu’il faut s’arrêter et s’asseoir pour la manger. On ne prend pas une soupe comme on prend un café. Il faut des ustensiles ! D’ailleurs, j’ai trouvé ça péché quand Campbell a sorti sa soupe à boire en travaillant à l’ordi…