Entrevues

Véro : de reine des ondes... à reine de beauté!

Animatrice, conceptrice, designer à ses heures, Véro ajoute maintenant égérie beauté à son CV. En exclusivité, elle a accepté de jaser d’elle, d’image, de crèmes et... de rides.


 

Petit préambule?: ma première idée était de lui proposer de faire l’entrevue en privé, pour lui faciliter la vie. Je me trompais. À sa de­mande, on est allées s’asseoir chez Juliette & Chocolat pour se soûler d’un chocolat chaud cochon comme c’est pas permis! – un breuvage qu’elle adore. Eh oui, elle n’est pas du genre à picosser trois feuilles de laitue accompagnées d’eau minérale. Elle aime clairement manger. Et elle aime les gourman­dises. Ça commence bien…

Elle arrive à l’heure. Complètement décontract. Pull ivoire, jean skinny, bottillons, les cheveux en queue de cheval, le minois maquillé juste ce qu’il faut. Elle n’est pas encore assise qu’elle peste en riant contre son «gros bouton sur la joue». Comme si, avec un contrat de toute beauté en poche, aucun écart de conduite cutané n’était permis… La glace est brisée. Véro, c’est ça. Spontanée, accessible, vraie. C’est assez incroyable, la proximité que cette fille réussit à créer en moins de deux. On a l’impression de la connaître alors que c’est la première fois qu’on la rencontre en chair et en os.

D’ailleurs, c’est probablement cette accessibilité qui a séduit les bonzes de la cosmétologie derrière le label Jouviance, auquel elle prête maintenant son visage. Lancée en 2003, cette entreprise a fait sa réputation grâce à un premier produit formulé par un dermatologue connu de Montréal, le Dr Guy Sylvestre. En mettant le grappin sur Véro, les proprios de la marque visent haut. Il est clair qu’ils veulent jouer dans les platebandes des grands, partout au Canada.

La chouchou, c’est elle
Véro, son public l’adore. Ceux qui ne la suivent pas au quotidien l’aiment aussi. À preuve, elle se classe honorablement dans les sondages de popularité. Selon Léger Marketing, Véro occupait en 2010 la plus haute marche du podium des personnalités les plus populaires à la télé avec 23?% des votes (sa plus proche rivale, Julie Snyder, en récoltait 3?%). Toutes catégories confondues, elle remporte le bronze, derrière Guy Laliberté et Céline Dion. Sa cote d’amour, elle a voulu la valider elle-même au printemps 2006, commandant pour son propre compte un sondage sur la perception que les gens avaient d’elle (c’est d’ailleurs cette démarche qui lui a inspiré l’émission Le verdict). «Je ne m’en cache pas. J’étais dans une période difficile de ma vie personnelle et professionnelle. J’ai voulu savoir ce que les Québécois pensaient de moi, puisque je fais ce métier pour que les gens me suivent.»

Les résultats dudit sondage se sont révélés assez positifs. En plus de la rassurer, cela aurait-il fait naître en elle le désir de créer Véro inc., en faisant de son nom une marque de commerce avec ses produits dérivés? Elle rit.
« Mon chum aimerait entendre ça. C’est lui le visionnaire, lance-t-elle. J’ai reçu des offres pour mettre mon nom sur plein de choses?: d’une collection de lunettes solaires à de la literie. Mais je ne peux pas tout faire. Il faut bien gérer le tout, parce que je m’implique dans ces associations.?»

Ce qui étonne, donc, c’est son désir d’endosser une marque à titre d’ambassadrice plutôt que de créer sa propre gamme de petits pots ou de parfums, comme le font tant de stars internationales, de Céline Dion à Jennifer Lopez. «C’était clair pour moi qu’après la mode (sa collection pour femmes et enfants à L’Aubainerie) on développerait une branche beauté. Mais je suis assez prudente pour m’entourer des bonnes personnes, de celles qui ont de l’expertise dans le domaine», souligne-t-elle en mentionnant que son deal avec Jouviance, c’est aussi un plan qui comprendra prochainement son implication dans le développement de produits.


 

«J’ai été très prise en publicité depuis 10 ans avec Suzuki et la Monnaie royale canadienne. Cela ne laissait pas de place à d’autres partenariats.» Refusant de dévoiler les marques, elle avoue avoir déjà été sollicitée par le domaine de la beauté. «Le timing était bon avec Jouviance. Le fait que ce soit une entreprise qui fabrique ses crèmes ici m’a séduite. J’avais eu vent des produits parce que la tante de Louis et ma belle-sœur les emploient et qu’elles sont très vendues à la marque. Mais je ne suis pas une porte-parole racoleuse. Je n’ai jamais fait croire que je m’habillais à L’Aubainerie avant d’y lancer mes collections ni que j’accumulais les 25 sous avant de faire les pubs pour la Monnaie royale. Dans le cas de Jouviance, je connaissais les produits, mais je ne dirai pas que je les utilisais déjà depuis cinq ans…»

Succédant à Dominique Bertrand, qui en était le précédent visage, Véro affirme que ce contrat tombe à point, «à un moment de ma vie où je me soucie plus de ma peau, où je commence à utiliser des crèmes anti-âge.» Ses 37 ans, elle les fait et les assume complètement. «Les plus belles photos de moi publiées l’ont été dans Châtelaine, dit-elle. J’apprécie que les retouches soient minimes, qu’on ne me métamorphose pas. En fait, mes rides d’expression bien installées, je les aime.»

Derrière l’image
Après être apparue dans des émissions de télé avec sa mère et sa mamie, Véro est tombée sur un site Web (elle lit tout ce qui s’écrit sur elle) qui énonçait noir sur blanc?: Véro et sa «gang de liftées». «J’ai trouvé ça très drôle. On est loin de ça. Oui, ma mère passe souvent pour ma sœur, mais elle n’est pas abonnée aux chirurgies», explique-t-elle. Consciente que la génétique joue en sa faveur, elle avoue toutefois faire attention à elle. L’arrivée de la télé haute définition, c’est cruel parce que ça accentue le moindre défaut. Heureusement, il y a les bons coups de pinceau de son artiste maquilleur, mais aussi la qualité de l’éclairage. «Aux Enfants de la télé, on est magistralement bien éclairés. La table lumineuse, notamment, adoucit les traits grâce à son reflet par en dessous. Donc, ça ne m’inquiète pas trop», confie-t-elle en blaguant.

Difficile à croire, mais Véro n’aime pas se faire tirer le portrait. «C’est statique, figé dans le temps. Moi, je bouge, je gesticule devant la caméra. En photo, il y a souvent un ventilateur, les cheveux doivent tomber à la bonne place. Ce n’est pas tout d’avoir un beau sourire, il faut que l’œil soit pétillant, que l’énergie y soit. Après trois heures, on est parfois un peu éteint. J’ai donc appris avec le temps à livrer la marchandise rapidement.»

Contrôlante de son image, la Véro? «Non. Je fais confiance à ceux qui m’entourent. Mais je sais ce que je veux. Ça fait 18 ans que je fais ce métier. Alors, mon visage, je l’ai vu sous tous ses angles, dans tous ses états. Disons que je sais comment faire pour être à mon avantage.»

Puis, la question à mille piastres… Les injections rajeunissantes et la chirurgie esthétique, tu en penses quoi? «Les excès sont malheureux. Mais ce qu’on fait de notre face et de notre corps fait partie de notre intimité profonde?», affirme-t-elle. Elle s’enflamme ensuite en parlant de l’hypocrisie qui entoure ce sujet délicat?: «Le double discours m’irrite. Si je reçois une invitée qu’on n’a pas vue depuis longtemps et qui a pris un coup de vieux, tout ce qu’on lit sur les réseaux sociaux par la suite, c’est?: “Elle a donc ben vieilli! Elle est tellement ridée!” Bref, on s’indigne que des femmes aient recours au Botox mais, soyons honnêtes, on ne veut pas non plus voir des femmes trop ridées au petit écran.»

Dans le même ordre d’idées, elle ne jure pas qu’elle restera naturelle à 800?% jusqu’à sa mort. «Le jour où je ne pourrai pas endurer quelque chose, je vais peut-être le corriger.» En tout cas, pour l’instant, elle peut faire bonne provision de crème hydratante, sculptante, redensifiante, rajeunissante et antioxydante. Ce sera suffisant pour préserver son capital beauté pendant un petit bout.