Ma parole!

Gérer les chicanes familiales

«Mon mari et moi sommes écoeurés de voir l’ambiance familiale sans cesse gâchée par des prises de bec à propos de Barbies, de pouliches et de robes à licou», écrit Geneviève Pettersen. Les chicanes empoisonnement l’ambiance familiale.

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Tout a commencé quand j’ai acheté une jupe à ma plus vieille. Une jupe longue marine qui se transforme en robe licou. « C’est pas juste », m’a dit la cadette en voyant sa sœur avec sa nouvelle acquisition sur le dos. S’en sont suivis une interminable séance de boudin et un échange d’insultes entre mes filles. Vous dire à quel point je suis tannée de leurs chicanes ! C’est pas mêlant, elles se disputent 20 heures sur 24. Aucun événement n’est assez insignifiant pour ne pas se transformer en incident diplomatique. Ça va du « T’as fini la boîte de céréales » au « T’as toujours la grippe, donc tu manques plus l’école que moi ». Rien n’est laissé au hasard quand il est question de déclencher un énième affrontement.

Deux soeurs qui jouent ensemble

Photo: Stocksy

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C’est la guerre perpétuelle dans mon cottage rosemontois. Mon mari et moi sommes écœurés de voir l’ambiance familiale sans cesse gâchée par des prises de bec à propos de Barbies, de pouliches et de robes licou. Nous avons beau agiter le drapeau blanc, promettre mer et monde et organiser des rencontres au sommet où chacune peut s’exprimer sur ce qui lui déplaît, nous avons beau laver notre linge sale en famille, notre blanc n’est jamais tout à fait blanc. Oh, il y a bien des moments de grâce ici et là. Quand ça arrive, quand mes filles jouent ensemble dans la plus parfaite harmonie, qu’elles s’aiment et se disent des mots doux, je chéris cette trêve qui, je le sais, sera de courte durée.

L’autre jour, elles jouaient à la coiffeuse. Le salon était envahi par les élastiques, les brosses, les peignes, les rubans et les barrettes. Tout ce bordel étalé ne me gênait pas puisque je profitais d’un rare moment de paix. « On rangera plus tard », me disais-je en sirotant un verre de Bandol. Je n’aurais pas dû penser ainsi. Ça porte malheur. Dès que je constate que ça va bien, on dirait que mes deux héritières, en bonnes télépathes, profitent de l’occasion pour me mettre à l’épreuve. J’ai fini mon verre au moment même où la petite, en essayant de faire une tresse à sa sœur, lui a accidentellement tiré les cheveux. Ç’a été suffisant pour rouvrir les hostilités. Les élastiques, les brosses, les peignes, les rubans et les barrettes ont volé en l’air en même temps que mon sang-froid. « Dans votre chambre ! » ai-je hurlé.

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Quand je les ai entendues rire 15 minutes plus tard, j’ai regretté d’avoir haussé le ton. Après tout, c’est normal que les membres d’une fratrie se chicanent plusieurs fois dans une même journée. Après la pluie le beau temps, répétait ma grand-mère. Et les autres parents avec qui j’échange sur le sujet m’ont confirmé la chose. L’affaire, c’est que, en bonne fille unique, j’ai de la difficulté à faire la distinction entre la bisbille « normale » et la dégénérescence. Quand je dis dégénérescence, je fais allusion à ce moment où le conflit glisse du côté de l’intimidation et de la violence. J’évalue mal où est la limite. Je n’ai jamais eu de frères ni de sœurs avec lesquels me colletailler. Et, à cause de ça, je suis prise au dépourvu devant la rudesse dont sont capables de faire preuve mes deux filles l’une envers l’autre. Mon mari pense qu’on devrait laisser les enfants régler leurs problèmes entre eux… et je suis bien d’accord. Sauf que vient un moment où il faut intervenir, où il faut leur apprendre que, même au cœur d’un litige, il y a des règles à respecter. Mais c’est peut-être moi qui ne sais pas me mêler de mes affaires.

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Pour écrire à Geneviève Pettersen: genevieve.pettersen@rci.rogers.com
Pour réagir sur Twitter: @genpettersen
Geneviève Pettersen est l’auteure de La déesse des mouches à feu (Le Quartanier)

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