Gérer ses émotions au travail

Les crises de colère, les excès de tristesse ou l’agressivité peuvent grandement nuire à notre crédibilité et à notre réputation au travail. Savoir gérer ses émotions est donc primordial. Voici des pistes pour y arriver.

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1. User de discernement
Les émotions sont-elles bienvenues au travail ? Oui, selon Pascale Lemaire, pourvu qu’on soit capable d’en gérer l’intensité et la durée. « Tout le monde sera dérangé par une employée qui pleure fréquemment et qui fait des crises de larmes, explique-t-elle. À la longue, elle perd sa crédibilité auprès de ses collègues, en plus de déranger tout le monde. »

Elle rappelle que le monde du travail est un milieu compétitif. Un collègue qui souhaite grimper les échelons pourrait profiter de nos crises d’émotion pour miner notre crédibilité auprès des patrons.

2. Gérer et non refouler
Si les grands esclandres sont à éviter, on n’a pas à travailler comme des robots. « On a le droit d’exprimer ses émotions, mais de façon plus diluée et socialement acceptable, convient Pierre Gauthier, président de la Société Pierre Boucher, une firme de consultation en psychologie organisationnelle. Il existe une façon rationnelle de communiquer ses émotions. »

Pour ce faire, on gère d’abord l’émotion pour soi. Il faut en prendre conscience, l’accepter, la nommer et en trouver les véritables causes. Ensuite, on communique ce qu’on ressent et ce qu’on pense de façon responsable, pondérée et respectueuse d’autrui.

Vivre ses émotions au fur et à mesure qu’elles se présentent évite aussi l’explosion.

3. Développer la conscience du corps
Comment déceler ses émotions avant qu’elles n’éclatent ? « Comme plusieurs provoquent des réactions physiques, on peut les repérer en développant la conscience du corps », avance Noëlla Groleau, ergothérapeute qui œuvre en santé mentale.

Elle conseille de prendre l’habitude de s’arrêter plusieurs fois par jour, même seulement deux minutes. On s’éloigne de l’ordinateur, on se lève et on respire profondément en gonflant le ventre. Cet exercice nous permet de nous calmer. On est ensuite en mesure de mieux prendre conscience de notre état physique et psychologique.

Comment se sent-on ? Tendue parce qu’on a l’impression d’être en retard, fatiguée d’être toujours débordée ? Les personnes intuitives sauront rapidement ce qui se passe en elles. D’autres, plus rationnelles, devront s’entraîner pour développer cette conscience du corps.

4. Rétablir son équilibre de vie
Chaque personne doit trouver sa propre façon d’évacuer ses émotions à l’extérieur du boulot. « Si ça vous fait du bien de mettre la musique dans le tapis dans votre auto en revenant du boulot et de crier, faites-le », lance Noëlla Groleau. Une fois qu’on a trouvé une activité qui nous plaît et qui nous permet d’oublier nos soucis, on en fait une priorité dans son horaire.

5. Rationaliser ses pensées
« Un événement ne déclenche pas une émotion, assure Pascale Lemaire. Ce sont nos pensées qui provoquent une réaction émotive. » Comme celles-ci sont souvent déformées, on doit apprendre à porter attention à son langage intérieur.

Par exemple, présenter un projet qui nous tient à cœur devant des collègues qui se montrent peu enthousiastes peut donner lieu à différentes émotions. Si on se dit qu’on est nulle et qu’on n’arrive jamais à rien, on sera triste et découragée. On peut aussi rationaliser la situation en se disant que, la plupart du temps, on donne de bonnes présentations. Il devient plus facile ensuite de cibler ce qui nous a empêché de captiver notre auditoire. On en sort alors avec le désir de vouloir faire mieux la prochaine fois.

Suggestions de lecture
L’intelligence émotionnelle au travail, Daniel Goleman et coll., Village mondial, 2002 (2008)
L’intelligence émotionnelle au travail, Hendrie Weisinger, Transcontinental, 1998 (2005)
Être bien dans sa peau, Dr David D. Burns, Héritage, 1994 (2005)
Libérez votre créativité, Julia Cameron, Dangles, 1995 (2008)

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