Femmes, politique et douceur…?

La politique n’est pas une affaire douce et gentille.

 

Lea et Louise hires

Chère Louise,

Non, je ne pense pas que les femmes font la politique différemment des hommes.

Les deux grands-mamans du Bangladesh, Sheikh et Khaleda, me font honte avec leurs chicanes sanguinaires. Oui, j’aimerais croire que mes consœurs sont plus pacifiques et moins guerrières. Mais, je suis réaliste.

Margaret Thatcher, la dame de fer, a laissé un héritage conservateur. Celle qui s’est affirmée pour la peine de mort [1] a-t-elle pratiqué la politique autrement que ses prédécesseurs masculins? Le vent de libéralisation amenée par l’ancienne première ministre britannique est loin de la consilience «dite» féminine : réduction des dépenses publiques, hausse des taux d’intérêts de la banque d’Angleterre, annulation de l’encadrement des salaires et des prix, etc. Elle aussi, elle me fait honte avec ses mesures draconiennes.

Ulrike Meinhof, l’une des célèbres militantes de la violente Fraction de l’armée rouge, auteure d’une panoplie d’attentats en Allemagne à la fin des années 60, était-elle moins machiavélique que ses confrères?

La réalité d’une femme politique est fondamentalement distincte des hommes, pour cause : la maternité. Ça change certaines revendications. Je les imagine plus préoccupées par des enjeux comme la conciliation travail-famille ou l’équité salariale. J’ai le sentiment qu’il y a, tout de même, une façon de faire la politique qui va bien au-delà du sexe. Le pouvoir est le pouvoir. La politique n’est pas une affaire douce et gentille. Elle est difficile. Pour tout le monde.

Les femmes qui s’y investissent doivent souvent se battre. Si le patriarcat n’avait pas existé et que les femmes avaient été à la tête des empires, quelle aurait été l’histoire de l’humanité? Personne ne le sait. L’homme est un loup pour l’homme disait le philosophe Plaute… Eh bien, je crois que la femme peut être une louve pour la femme.

Un leader positif est un leader positif : qu’il s’appelle Gandhi ou Aung Sung Su Ki. Ce n’est pas une affaire de sexes, mais de convictions.

Misère, tu dis?

Léa



[1]  I personally have always voted for the death penalty because I believe that people who go out prepared to take the lives of other people forfeit their own right to live. – Margaret Thatcher

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