Léa & Louise

Gloire à la fille-bébelle

Celle qui fait vendre à peu près n’importe quoi.

Lea et Louise hires

Chère Louise,

Moi aussi, j’en ai marre de la pitounisation.

La première image du jeu vidéo à la mode, Grand Theft auto, cest une pitoune de char, seins refaits, arborant fièrement un petit bikini. Les compagnies de bière utilisent, encore, la fille sexy de service pour leurs publicités. Les pitounes font des danses lascives au combat de boxe de Jean Pascal et Lucian Bute. Les publicités d’American Apparel montrent des culs de jeunes filles, bien dispos à vous savez quoi. Pas de surprise, on mise sur la fille-bébelle-aguichante pour vendre à peu près n’importe quoi.

La pitounisation atteint même l’univers des petites filles. Ça aussi, c’est payant. Pas pour rien que Walmart distribue la marque Geogirl, un type de maquillage vendu pour les gamines prépubères. Elles sont âgées de 9 et 13 ans, consomment beaucoup et forment un marché extrêmement lucratif.

Image tirée de jeu vidéo Grand Theft Auto V.

Image tirée de jeu vidéo Grand Theft Auto V.

Mais l’égalité des sexes est acquise, qu’ils disent.

Pendant des siècles, les femmes ont été soumises à une forme de pouvoir qu’on appelle le patriarcat. Elles ont été associées au sexe faible ou au beau sexe. Ce n’est qu’en 1964 que les Québécoises mariées ont pu exercer une profession en toute légalité. Ce n’est qu’en 1988 que les Canadiennes ont obtenu le droit à l’avortement. Les femmes se sont battues pour exister et pour qu’on reconnaisse leur apport au sein de la société.

Toutes ces années d’émancipation pour arriver à ce constat  : la fille-bébelle fait toujours autant vendre.

Alors, quand je vois ces publicités qui glorifient la fille-bébélle-bonne-à-faire-des-pipes, je me fâche. La représentation des femmes dans l’espace public réfère presque uniquement à un statut d’objet sexuel. De la mini-miss aux mannequins de treize ans qui font la moue pour vendre du parfum, la glorification de la lolita prévaut avant la valorisation de l’intelligence. Tout un modèle féminin pour les nouvelles générations!

Et alors que la fille-bébelle est partout, on se fait traiter de féministes moralisatrices dès qu’on la critique. Et le même faux argument revient : la liberté des uns ne doit pas porter préjudice à la liberté des autres.

J’ai envie de sortir de cette logique ultralibérale. Je pense à mes futurs enfants. J’ose adhérer à un modèle égalitaire. J’ai envie de voir ma fille se faire reconnaître pour ses capacités intellectuelles. La pitounisation promulguée à des fins mercantiles me fait croire qu’on recule. C’est le modèle dominant qui s’impose. Et ça, c’est tout un problème…

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Léa Clermont-Dion