Léa & Louise

La politique autrement?

Parfois, j’ai honte.

Lea et Louise hires

Chère Léa,

Penses-tu que les femmes font de la politique différemment des hommes? Moi, j’aimerais y croire. Surtout devant les carnages causés par l’insondable soif de pouvoir de certains (comme en témoignent les photos des Syriens exécutés qu’on a eues en pleine poire mardi matin). Ou les milliards flambés par des mégalomanes en mal de gloriole, genre Kim II-Sung, paix à son âme.

J’arrive à y croire un peu. Par exemple, lors des dernières élections provinciales, quand, en plein débat des chefs, Françoise David dit à un de ses adversaires qu’il a raison sur tel ou tel point. De mémoire d’électrice, on n’avait jamais entendu ça. Ou quand Janet Yellen, la nouvelle plus puissante femme du monde (elle prend la présidence de la Fed, ces jours-ci), répète partout que son pire ennemi est le chômage, cette plaie économique qui démolit des gens et ruine des vies.

Mais parfois, l’espoir en prend pour son rhume. As-tu vu ce qui se passe au Bangladesh?

La vie politique de ce pays, musulman et démocratique, est complètement dominée par deux femmes, qui se passent le pouvoir depuis 20 ans, dans une belle partie de première ministre musicale.

L’une, Sheikh Hasina, a 66 ans. Elle est la fille du premier président qu’ait connu son pays après l’indépendance. Et qui a été tué lors d’un coup d’État en 1975.

L’autre, Khaleda Zia, a 68 ans. Elle, c’est son mari qui a été président de la République.  Assassiné lui aussi.

Début janvier, des élections présidentielles ont eu lieu dans ce pays, malgré un boycott déclenché par Khaleda Zia. Bilan : une centaine de morts dans les rues du pays. Et dans les journaux, les dénonciations de l’ONU et de plusieurs pays occidentaux (dont le Canada) qui parlent de fraude et d’irrégularités.

Tout ça, c’est l’œuvre de deux grand-mères…

Misère.

Louise

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La première ministre Sheikh Hasina lors d’une conférence à Dacca.