Société

Les femmes qui nourrissent le Québec : Tara Dantouze

En suivant le programme d’études autochtones à l’Université Laurentienne, Tara Dantouze a su qu’elle voulait travailler auprès des siens. Elle dirige aujourd’hui The Wild Basket, qui met en valeur le terroir alimentaire de la Première Nation de Timiskaming, en Abitibi-Témiscamingue.

Avec sa casquette vissée sur la tête et son chandail de sport à rayures, Tara Dantouze, 32 ans, a davantage l’allure d’une athlète de haut niveau que d’une cueilleuse de petites baies et de champignons sauvages. Dans la réserve de la Première Nation de Timiskaming, à une heure de route de Rouyn-Noranda, où elle a élu domicile il y a 10 ans, l’ex-hockeyeuse originaire du Manitoba est reconnue pour allier modernité et traditions.

The Wild Basket, qu’elle a cofondé en 2016 et qu’elle dirige avec sa conjointe, Lindsay McLaren Polson, se spécialise dans la récolte des chanterelles, des champignons homards, des pleurotes, du thé du Labrador et d’autres trésors qui poussent dans la réserve.

Ses clients ? Quelques chefs, bien sûr, et surtout les 500 habitants de Timiskaming, qui s’en délectent. Mais il y a plus… Pour ces derniers, c’est aussi une chance en or de renouer avec les aliments qu’affectionnaient leurs ancêtres, et une occasion de protéger le territoire des coupes de bois. « Les entreprises d’exploitation forestière, grâce aux permis accordés par le gouvernement, ont décimé nos forêts pour bâtir le Canada. Il est temps d’en reprendre le contrôle pour assurer notre survie », dit Tara.

La gestionnaire caresse maintenant l’idée de vendre ses produits en ligne. Cette expansion dépendra de ce que veut bien lui fournir Dame Nature. « On ramasse le tiers de ce qui est mûr pour assurer la pérennité des variétés, car si on cueille trop, l’espèce risque de moins repousser l’année suivante », explique Tara, qui est aussi responsable des ressources naturelles de la réserve. À ce titre, elle agit comme consultante en suivant de près l’approche du gouvernement quant à l’attribution des permis de coupe.

Tara se fait aussi passeuse de savoir. Avec l’aide du géomaticien Danny Bisson, qui répertorie les ressources des territoires de Premières Nations depuis plus de 20 ans, elle et son équipe de cueilleurs s’assurent aussi de cartographier chacune des zones de récolte. Ces données constituent un héritage pour les générations qui suivront. Elles pourront les utiliser à leur tour tout en protégeant la généreuse forêt.

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