Maman au boulot: rencontre avec Sophie Patenaude, propriétaire de boutique

Designer propriétaire de Tirigolo & cie, une boutique de vêtements et accessoires pour mamans et enfants, Sophie Patenaude est âgée de 48 ans et mère d’un jeune homme de 20 ans.

 
Photo: Louise Savoie

Ce que je fais dans la vie

Je dessine mes propres collections et veille au choix des tissus, garnitures et finitions – je suis de la troisième génération de couturières dans la famille ! Je ne fais plus la coupe ni la couture, mais tout est made in Québec. Au quotidien, je vois aux achats et à la mise en marché en priorisant les artisans québécois. La gestion de la nouvelle boutique en ligne prend aussi beaucoup de mon temps.

Mon style

Sport chic. J’aime les leggings, les jeans, les bottes équestres et les foulards – je suis frileuse, ça me tient au chaud ! Pour les grandes occasions, j’enfile une robe tunique Kollontaï, griffe montréalaise qui joue sur la transparence et la dentelle, et j’y assortis un collier Twinne, fait de billes de verre, de cristal et de pierres semi-précieuses, œuvre d’une joaillière de Granby.

Au travail, je me sens…

Comme un canard qui file tranquillement sur l’eau, avec les pattes qui s’agitent à toute vitesse sous la surface ! Je dois apprendre à m’arrêter, à lâcher prise et à déléguer. Autrement, ça me joue des tours – comme rentrer le dimanche faire du ménage, au lieu de demander à mes employées de passer l’aspirateur.

 

Ce qui me rend fière

Voir des enfants porter mes chapeaux. Je n’en reviens pas ! Je sens une reconnaissance pour tout ce que j’ai accompli. Les ventes ont doublé depuis que ma boutique a pignon sur rue au centre-ville de Granby. Sa façade multicolore y joue pour beaucoup.

Je ne peux résister

Aux livres. Mes lectures de prédilection : Changez d’alimentation, d’Henri Joyeux, et La santé par le plaisir de bien manger, de Richard Béliveau et Denis Gingras ; les polars (Toyer, de Gardner McKay) et la littérature fantastique (romans d’Anne Rice).

Ce que ça prend pour faire mon métier

De la persévérance et de la passion. Croire en soi et en ce que l’on fait. Bien s’entourer, ne pas hésiter à demander de l’aide. Les centres locaux de développement sont une mine de renseignements tout comme les cours d’entrepreneuriat – je suis en ce moment un cours sur le logiciel de publication personnelle WordPress pour apprendre à gérer mon site web.

Ce que j’ai trouvé le plus difficile

Manquer de temps pour mon fils. J’ai fondé mon entreprise en 1996, un an après sa naissance. Il a grandi avec elle ! J’acceptais tous les contrats de couture qu’on me proposait pour joindre les deux bouts. Je travaillais le jour au Centre [des textiles contemporains de Montréal], la nuit dans mon atelier. En fait, je voulais prouver à mon père que j’avais fait le bon choix et que je pouvais gagner ma vie en faisant le métier que j’aime.

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Je n’aime pas

Parler de moi ! Je peux causer pendant des heures de Tirigolo & cie. Mais dès qu’il s’agit de ma personne, j’ai un blocage.

Le tournant

L’achat de l’édifice qui loge ma boutique et mon atelier. Au moment de signer, il y a un an, je me suis dit : « Wow, c’est à moi ! Je ne peux plus reculer. Il faut que je fonce, et advienne que pourra. » Je ne réalise pas encore tout le chemin parcouru depuis 20 ans. J’ai aujourd’hui une belle équipe et un conjoint qui m’appuie.

Photo: Louise Savoie

Mes défis

L’agrandissement de mon commerce. Je manque d’espace pour l’atelier. Il y a des bacs de chapeaux partout ! Pour créer, je dois m’installer sur un coin de table. Je veux aussi multiplier les points de vente – j’en ai une quarantaine au Canada et un en Suisse.

Mon rituel beauté

Crème de base, cache-cernes, crayon, mascara, rouge à lèvres, toujours dans les mêmes teintes. J’aime beaucoup les produits Lise Watier. Je change souvent de parfum. Quand mes cheveux sont assez longs, je me fais une couette le matin.

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Je rêve…

D’aller, pour mes 50 ans, dans les pays scandinaves. Ils m’ont toujours fascinée, surtout la Suède, avec son côté écolo.

La phrase qui m’inspire

« Souvent les limites qui nous sont imposées dans la vie sont plus mentales que physiques. » – Nelson Mandela

Mon modèle

Louise Lemieux Bérubé, une tisserande de renom. Elle a cofondé et dirigé le Centre des textiles contemporains de Montréal. J’y ai bossé pendant 15 ans comme secrétaire comptable, après une formation en secrétariat et une autre en dessin de mode au Collège LaSalle. Elle m’a offert ma chance en m’invitant à présenter au Salon des métiers d’art une minicollection de vêtements pour enfants qui s’est très bien vendue. Ça m’a donné le goût de continuer.

J’adore…

Partir le week-end. C’est la seule façon pour moi de décrocher. Sinon, je passe à la boutique ! L’été, je me permets deux semaines de vacances. Avec mon conjoint, on fait du camping en Gaspésie, au lac Louise, à Myrtle Beach… On marche, on fait du vélo. La nature me rend zen.

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Sur Facebook, j’aime suivre…

Maman pour la vie et différents blogues sur la maternité et la petite enfance.

Métiers d’art du Québec Je suis membre du Conseil des métiers d’art du Québec, qui chapeaute des salons, une galerie d’art et un réseau de boutiques.

Peaceful Warrior Ça me tient au courant des initiatives sociales et environnementales.

Kale Lovers Oui, j’adore le chou kale, mais il est aussi question ici de santé, de bien-être et d’alimentation.

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