Famille tout compris

Pourquoi s’acharner sur les CPE?

« Il me semble qu’il y a plus d’enfants dans les groupes, j’ai l’impression qu’ils ont le quota lousse », disent des parents inquiets des restrictions budgétaires imposées aux CPE. Et ils ont raison. Leurs effets vous affectent-ils? demande notre chroniqueuse Marianne Prairie.

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C’est un sujet qui fait l’actualité, et je ne parle pas seulement des journaux. Au quotidien, les nouvelles concernant les restrictions budgétaires dans les centres de la petite enfance et les garderies privées subventionnées sont relayées par les parents et le public comme on annonce une lente agonie.

«  Les deux nouvelles éducatrices ne reviendront plus, leur poste a été supprimé. »

« Ils ont dû renvoyer la dame qui faisait le lavage et la désinfection des jouets pour laisser ça aux éducatrices… quand elles ont le temps. »

« La direction pense ouvrir plus tard ou fermer plus tôt. Peut-être même les deux. »

« T’as remarqué le nouveau menu? Les repas sont moins nutritifs. Il y a beaucoup plus de bouffe congelée. »

« Ça paraît que les temps sont durs. Il me semble que tout le monde a la face longue. »

« J’ai croisé l’ancienne éducatrice de ma fille hier. Elle n’a pas réussi à se trouver un nouvel emploi. Elle pense changer de carrière. »

« Il me semble qu’il y a plus d’enfants dans les groupes, j’ai l’impression qu’ils ont le quota lousse. »

« Je ne sais plus qui est l’éducatrice des enfants, ça bouge tout le temps. »

« Aucune sortie. Aucune activité spéciale. Zéro. »

« L’éducatrice spécialisée avait l’air inquiète. Peut-être vont-ils la garder à temps partiel. »

« On a dû faire une campagne de financement pour remplacer le congélateur qui a brisé avant Noël. »

Photo: iStock

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Ces phrases ne sont pas sorties de mon imagination. Elles m’ont toutes été confiées par des parents de mon entourage, préoccupés par les conditions dans lesquelles ils laissent leurs enfants pendant la journée. Normal. Tout le monde veut aller travailler l’esprit en paix – sa progéniture en sécurité, encadrée, stimulée, nourrie, amusée, consolée, mouchée, changée… Les CPE subissent des restrictions budgétaires depuis des années et les gens du milieu se mobilisent depuis autant de temps. Mais la somme à supprimer pour l’an prochain, 120 millions de dollars, semble avoir enfin réveillé les inquiétudes des parents.

Jean-Philippe Morin est gestionnaire d’un CPE à Sept-Îles. Cette semaine, il expliquait dans un billet que « 120 millions de dollars, c’est 0,12 % du budget du ministère de la Famille qui représente, lui, 2,4 % du budget du gouvernement du Québec. En d’autres mots, 0,12 % de 2,4 %, ce sont des peanuts pour Québec. » C’est complètement disproportionné par rapport à l’effort exigé sur le terrain, croit M. Morin. « Pour un CPE de 60 places, on parle d’environ 85 000 $ de coupures. C’est 12 % du budget de fonctionnement d’une installation », m’a-t-il confié.

Le CPE Rosemonde de Montréal a produit, de façon complètement bénévole, 4 capsules vidéo qui démontrent bien l’absurdité de cette nouvelle vague de compressions budgétaires.

 

Le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, confirmait le 3 février que les coupes seraient maintenues. Je vous invite donc à faire trois choses :

  • Parler de cette situation alarmante autour de vous, à des personnes qui n’ont pas de jeunes enfants par exemple. L’affaiblissement du réseau public de garderies a un impact sur les services offerts aux enfants, mais aussi sur les conditions de vie des très nombreuses femmes qui y travaillent.

Pour de plus amples informations, visitez le site Toujours fous de nos enfants, mis sur pied par l’Association québécoise des CPE (AQCPE).

Êtes-vous inquiets de cette nouvelle vague de coupures dans les CPE et garderies subventionnées? Comment cela vous affecte-t-il?